Des appuis dans Le Devoir

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Lettre à la ministre Courchesne

Lundi le 13 avril 2009

Madame Michelle Courchesne
Ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport
1035 rue De La Chevrotière
Québec
G1R 5A5

Madame la Ministre,

Les déclarations que vous venez de faire au sujet de la négociation entre le SPUQ, syndicat des professeurs de l’UQAM et l’administration locale sont, curieusement, presque une copie conforme des déclarations que faisait il y a 32 ans votre prédécesseur Jacques Yvan Morin sur le même sujet. Il suffit de les comparer, par exemple dans les archives de Radio-Canada (http://archives.radio-canada.ca/societe/syndicalisme/clips/16662/), pour s’en convaincre. Il faut, dites-vous tous les deux, séparer la négociation des « conditions de travail » des professeurs des considérations sur l’organisation de l’université. Or c’est là une mission impossible parce que la structure et le fonctionnement de l’université construisent les conditions de travail des professeurs et que l’université est impossible sans la contribution des professeurs dans toutes ses instances, dans tous ses rouages.

Votre déclaration, comme celle de votre prédécesseur, repose sur une compréhension bien incomplète, sinon carrément erronée, de ce qu’est le travail du professeur d’université. Permettez que nous nous y attardions.

On s’entend généralement pour dire que la tâche des professeurs d’université comporte trois volets, l’enseignement, la recherche et le service à la collectivité. Mais c’est plus compliqué que ça.

Oui, le professeur est un enseignant. Et il donne en général six heures de cours par semaine, ce qui peut sembler peu. Mais les groupes auxquels il donne ses cours peuvent être jusqu’à dix fois plus grands que ceux des écoles primaires, secondaires, voire des CÉGEPS — avec, on l’imagine, la charge qui en découle, par exemple en termes de correction et de suivi. Le professeur ne se contente pas de «donner» des cours pensés et construits par d’autres. Il doit concevoir lui-même le contenu de ses cours, car il n’y a pas au niveau universitaire de manuel ou de guide qui le fasse. Ces cours pointus doivent être mis à jour chaque année pour tenir compte des avancées du savoir, ce qui implique recherche et lectures abondantes, surtout dans les cours plus avancés, par exemple à la maîtrise et au doctorat. Dans le cadre de son travail, le professeur rédige fréquemment des notes de cours, des cahiers de travaux pratiques ou même des manuels. Au niveau universitaire, on s’attend aussi à ce qu’il soit à la fine pointe de la technologie éducative, utilisant sites Web, courriels et projections PowerPoint. Il est enseignant, mais aussi concepteur de cours et auteur de matériel académique.

Oui, le professeur est un chercheur. Mais il ne peut pas se limiter à exécuter des travaux de recherche sous une direction quelconque. Il doit définir lui-même un champ de recherche pertinent, et cela implique un constant travail de suivi de la littérature scientifique dans son domaine. Il doit construire des projets de recherche et définir des méthodes de travail pertinentes, prévoir les équipements et les services requis, les personnels impliqués, un budget détaillé. Ces projets seront évalués par des comités internes avant d’être soumis à des organismes subventionnaires gouvernementaux ou autres. Ceux-ci évalueront de nouveau les projets et décideront d’accorder ou non des subventions. Si tout va bien, le processus de recherche s’enclenche et le rôle du professeur est de procéder aux achats, à l’embauche des personnels, à la négociation des services, au suivi du travail des étudiants qui font leur maîtrise ou leur doctorat dans ce cadre, à la supervision des stagiaires, des techniciens, à la direction du travail. Si la recherche prend de l’ampleur, elle donnera lieu à la création d’un Groupe de recherche, d’un Centre de recherche, ou même d’une Chaire dont il faudra assumer la responsabilité. Quand la recherche progresse, il faut en faire rapport: le professeur se fait communicateur: il devra nécessairement prononcer des conférences dans des congrès scientifiques, écrire des rapports de recherche pour les organismes subventionnaires, des articles dans des périodiques scientifiques, souvent des chapitres de livres spécialisés, ou même des livres complets: on n’y échappe pas, c’est la loi du «publish or perish», qui veut que celui qui ne communique pas de façon satisfaisante se voit privé de moyens de recherche. Chercheur? Il faudrait plutôt dire que le professeur est un entrepreneur en recherche, avec toute l’autonomie, mais aussi les responsabilités que cela implique. Et si ce sont les professeurs qui font ce travail, c’est qu’il n’y a pas d’autre catégorie de personnel dans l’université qui a les compétences requises pour le faire.

Et le professeur est impliqué dans des activités de service à la collectivité. C’est sans doute la partie de sa tâche qui est la plus mal connue, même si elle occupe une partie importante du temps de travail. Il y a deux volets à ce domaine. D’une part, le professeur est impliqué dans la gestion interne de l’université. Dans son département, il participe aux réunions du corps professoral, qui a des responsabilités lourdes: choix des candidats aux postes de professeurs, répartition des tâches d’enseignement, évaluation des professeurs, répartition des ressources, modification de cours existants et développement de nouveaux; cela ira pour certains jusqu’à assumer la tâche de directeur de département. Le professeur est appelé à travailler avec les étudiants dans des Comités de programme qui définissent les contenus de programmes de cours et des enseignements. Dans sa Faculté, il peut être appelé à siéger au conseil qui voit à la coordination et au développement des activités de l’ensemble des Départements et Centres de recherche qu’elle regroupe. Plus globalement, le fonctionnement de l’université ne peut se faire sans la participation des professeurs à un nombre imposant de comités et certains seront appelés à siéger à la Commission des Études, au Conseil d’Administration. Mais le professeur est impliqué tout autant dans des activités qui se déroulent à l’extérieur de l’université. Ce peut être dans le cadre de programmes de formation sur mesure offerts à des groupes particuliers, ensemble de professionnels aussi bien que groupes communautaires. Ce peut être dans le cadre de la recherche: ce sont des professeurs qui dirigent et composent les comités éditoriaux des périodiques scientifiques, qui y évaluent, acceptent, ou refusent les articles soumis par des collègues, qui font le travail éditorial. Ce sont encore des professeurs qui planifient et organisent les congrès scientifiques, avec tout le travail de préparation que cela implique, tant en ce qui touche l’organisation matérielle que scientifique avec l’évaluation (encore!) et la sélection des conférences, la publication des comptes rendus. Et l’on attend des professeurs qu’ils donnent des conférences publiques, qu’ils fassent partie de groupes de travail, de comités d’experts, qu’ils donnent à l’occasion des entrevues dans les médias, qu’ils participent au fonctionnement des associations scientifiques au niveau local, national et même international, parce que ces associations jouent un rôle primordial dans le développement de la science, sa promotion, dans la diffusion du savoir.

On le voit, les conditions de travail des professeurs incluent toutes les instances, l’organisation et le fonctionnement de l’université impliquent nécessairement la participation des professeurs à tous les niveaux : on ne peut pas les séparer. Le réseau de l’Université du Québec a été voulu, conçu et s’est consolidé dans un modèle de participation démocratique des professeurs et des étudiants à la gestion de l’institution. Et ça fonctionne. Au milieu des années 70, le gouvernement du Québec, les administrateurs du siège social de l’Université du Québec et de l’UQAM ont voulu, dans le cadre de ce qui a reçu le nom de «Réforme Després» (du nom du président de l’UQ à l’époque), remettre ce modèle en question. Ce projet a été rejeté massivement, non seulement à l’UQAM — on l’oublie trop souvent —, mais bien dans toutes les constituantes de l’Université du Québec. Ce rejet, on l’a trop vite oublié, a entraîné la démission du Président Després et du Recteur Brossard de l’UQAM. La convention collective issue de la coûteuse grève de l’UQAM en 76-77 a permis de consolider le fonctionnement démocratique de l’UQAM, avec l’implication des professeurs dans tous les volets de l’Université. Ça marche. Pourquoi faut-il, 32 ans plus tard, recommencer le processus? Personne ne peut démontrer sérieusement que l’implication des professeurs dans les structures et le fonctionnement de l’UQAM est dysfonctionnelle. Combien de fois faudra-t-il rappeler que ce sont entre autres les professeurs siégeant au Conseil d’administration de l’UQAM qui sont intervenus pour mettre en garde contre les dérapages immobiliers?

Les conditions de travail des professeurs sont tissées serré dans toutes les structures de l’institution; l’implication des professeurs dans tous les rouages de l’université est nécessaire, elle est efficace. Pourquoi faudrait-il la remettre en question? Dans le cadre de la négociation présente, les professeurs n’en demandent pas de changement significatif. Leur action est toute tendue vers le trop évident besoin de rattrapage de l’UQAM en matière de ressources professorales. La valse des centaines de millions qu’on destine au béton des autoroutes, au Casino de Montréal, voire au rachat du club de hockey Canadien nous laisse perplexes, face à un gouvernement qui nous affirme effrontément faire de l’éducation une priorité. Ce sont des millions qu’il faut pour l’UQAM, Madame la Ministre, pas des discussions sur la gouvernance ou des comités sur la tâche. Où sont vos priorités?

Nous osons croire, Madame la Ministre, que vous accorderez toute l’attention requise à notre point de vue et interviendrez pour que soient offertes à l’UQAM les ressources dont elle a besoin pour mener à bien sa mission.

Agréez nos salutations cordiales,

Luc Desnoyers, ergonome, professeur associé et retraité, Département des sciences biologiques, UQAM

Les collègues qui suivent ont endossé par courriel le contenu de cette lettre :

Diane Berthelette, professeure au Département d’organisation et de ressources humaines, ex membre du Conseil d’administration de l’UQAM
Bernard Élie, professeur associé et retraité, Département des sciences économiques
Jules Duchastel, professeur de sociologie depuis 36 ans
Georges Lebel, professeur en sciences juridiques depuis 37 ans
Louis Gill, professeur retraité du Département de sciences économiques
Luc-Alain Giraldeau, directeur du Département des sciences biologiques
Louis Rousseau, professeur au Département de sciences des religions depuis 40 ans
Jean-Marc Piotte, professeur émérite du Département de science politique

À venir cette semaine

À venir mardi 21 avril :

Virée au parlement à Québec

Lieu de départ: 8 h 30 devant le pavillon Athanase-David (en face du clocher)

*Pour celles et ceux qui ont des contraintes de temps, des autobus partiront de Québec à 14 h 30 pour arriver à Montréal avant 17 h 30.

Le comité activité demande à tous les professeures et professeurs de porter des vêtements oranges et de se munir de fleurs orange (en plastique, disponibles dans tous les Dolloramas et autres magasins à $1). Sur place, il y aura un repas, de la musique, des activités de décoration des lieux (en orange) et une lecture publique de la Charte de l’UQAM re-adoptée le 9 avril 2009.

Pour l’occasion, nous aimerions que vous invitiez personnellement vos collègues de l’Université Laval à se joindre à nous sur l’heure du dîner, entre 12h00 et 14h00, à l’Assemblée nationale. Un appel général sera lancé, mais rien ne vaut les invitations personnelles envoyées aux collègues que vous connaissez!

Les personnes qui désirent s’inscrire et qui ne l’ont pas encore fait doivent communiquer avec Éric Pineault, à l’adresse suivante : pineault.eric@sympatico.ca.

Guy Rocher, merci!

De la part de toute l’équipe de rédaction de spuqengreve…

Pour votre appui, tel qu’il s’est manifesté à nouveau ce samedi 19 avril à l’émission «Je l’ai vu à la radio» sur les ondes de Radio-Canada,

MERCI.

Pour entendre l’extrait consacré à l’UQAM (en fin d’heure): cliquez ici.

Des nouvelles des négos

23 avril 2009

Les négociations se poursuivent pour les professeurs et les maîtres de langue.

Récapitulatif des revendications et des négociations des maîtres de langue: voir tableau.


Lettre ouverte aux députés de l’Assemblée nationale ayant étudié ou travaillé à l’UQAM

Montréal, le 16 avril 2009

Mesdames, Messieurs,

Les professeurs en grève de l’UQAM sont sans contrat de travail depuis mai 2007 et demandent le règlement de leur convention collective. Avec un nombre insuffisant de professeurs pour ses 40 000 étudiants, le pire ratio de toutes les universités québécoises, les professeurs de l’UQAM revendiquent l’embauche de 300 nouveaux collègues pour mieux contribuer à la formation des étudiants aux trois cycles et pour accroître la recherche. Avec des salaires de 10 % inférieurs à la moyenne nationale (sans parler de l’écart avec la moyenne des universités montréalaises), les professeurs de l’UQAM, au même titre que leurs collègues des autres universités, s’acquittent de tâches exigeantes en enseignement, en recherche et en service aux collectivités. Les professeurs de l’UQAM ont fait le choix de cette institution pour embrasser sa mission de démocratisation et d’accessibilité, mais aussi pour contribuer à la gestion collégiale qui fait sa spécificité et qu’ils souhaitent défendre.

Or, la direction de l’UQAM, sous la tutelle implicite du Ministère de l’Éducation, n’a soumis à ce jour aucune offre complète en vue d’un règlement. Ce ministère fait la sourde oreille aux revendications du corps professoral et s’entête à maintenir les professeurs et les étudiants de l’UQAM dans les pires conditions de travail et d’études universitaires au Québec et à les pénaliser pour les dérives immobilières dont ils ne sont aucunement responsables. Le comble: il menace de recourir à une loi spéciale pour forcer le retour au travail. Imposer le silence à des professeurs d’université par le recours à une telle loi ne constituerait en aucune manière une prise de responsabilités vis-à-vis de l’éducation mais, au contraire, contreviendrait à la mission de l’université dont le Ministère se dit le garant.

Les infrastructures du savoir

La direction de l’UQAM et le MÉLS s’entendent pour dire que les demandes des professeurs sont raisonnables et justifiées mais qu’il n’y a plus d’argent dans les coffres de l’État. Soit. Pendant ce temps, on apprend que nos collègues des autres universités (à l’ÉNAP et à Concordia par exemple) viennent d’obtenir des augmentations salariales substantielles (autour de 14 %) creusant ainsi davantage l’écart salarial avec les professeurs de l’UQAM. L’heure est aux investissements : le gouvernement s’apprête à investir 300 M $ dans la rénovation du casino et 43 G $ dans de grands chantiers. Puisque l’investissement dans les infrastructures est prioritaire, il est tout aussi impératif de soutenir les infrastructures du savoir. Les universités créent de l’emploi et forment une force de travail qui sait s’adapter aux transformations que subit actuellement l’économie, participant ainsi pleinement au développement et à la prospérité de la société québécoise.

Bien au-delà de la question des salaires et des conditions de travail des professeurs, la grève à l’UQAM concerne plusieurs dizaines de milliers de personnes, fières de participer à la vitalité et au rayonnement de l’UQAM. Professeurs, étudiants, employés-étudiants, employés de soutien, chargés de cours et diplômés: toute la communauté uqamienne se mobilise pour exiger du gouvernement un réinvestissement massif à l’UQAM afin d’enrayer le sous-financement chronique dont elle souffre depuis de trop nombreuses années.

Députés de l’Assemblée nationale qui avez choisi l’Université du Québec à Montréal, nous vous demandons de démontrer votre allégeance en prenant position pour l’UQAM. Vous avez le pouvoir de défendre et d’appuyer à l’Assemblée nationale les revendications des professeurs de l’UQAM et d’exiger de régler, une fois pour toutes, son problème de sous-financement. Nous vous enjoignons de le faire, pour le présent et l’avenir de la société québécoise.

Yves Bergeron, Peggy Davis, Annie Gérin, Dominic Hardy, Connie Isenberg-Grzeda, Joanne Lalonde, Louis Martin, Vincent Lavoie, Thérèse St-Gelais, professeurs à l’UQAM.

cc.

M. Stéphane BERGERON, député de Verchères (Parti québécois), Vice-président de la Commission de l’économie et du travail, Porte-parole de l’opposition officielle en matière de transports;

M. Daniel BERNARD, Député  de Rouyn-Noranda-Témiscamingue (Parti libéral du Québec), Président de séance, Adjoint parlementaire au ministre des Ressources naturelles et de la Faune;

M. Pascal BÉRUBÉ, Député de Matane (Parti québécois), Porte-parole de l’opposition officielle en matière de loisir et de sport, Président de séance;

Mme Marguerite BLAIS, Députée de Saint-Henri-Sainte-Anne (Parti libéral du Québec), Ministre responsable des Aînés;

M. Camil BOUCHARD, Député de Vachon (Parti québécois), Vice-président de la Commission des affaires sociales, Porte-parole de l’opposition officielle en matière de relations avec les Premières Nations, Porte-parole de l’opposition officielle en matière d’immigration et de communautés culturelles;

M. Etienne-Alexis BOUCHER, Député de Johnson (Parti québécois);

M. Benoit CHARRETTE, Député de Deux-Montagnes (Parti québécois);

M. Claude COUSINEAU, Député de Bertrand (Parti québécois), Vice-président de la Commission des finances publiques, Porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires municipales;

M. Emmanuel DUBOURG, Député de Viau (Parti libéral du Québec), Adjoint parlementaire au ministre des Finances;

M. René GAUVREAU, Député de Groulx (Parti québécois), Porte-parole de l’opposition officielle en matière de protection de la jeunesse;

Mme Nicole LÉGER, Députée de Pointe-aux-Trembles (Parti québécois), Whip en chef de l’opposition officielle;

M. Martin LEMAY, Député de Sainte-Marie-Saint-Jacques (Parti québécois), Président du caucus de l’opposition officielle, Porte-parole de l’opposition officielle pour la Métropole;

M. Pierre MARSAN, Député de Robert-Baldwin (Parti libéral du Québec), Président de la Commission de l’éducation;

M. Scott McKAY, Député de L’Assomption (Parti québécois), Porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement durable et d’environnement;

Mme Carole POIRIER, Députée d’Hochelaga-Maisonneuve (Parti québécois), Porte-parole de l’opposition officielle en matière d’habitation, de logement social et de condition féminine;

M. Gilles ROBERT, Député de Prévost, (Parti québécois);

M. Tony TOMASSI, Député de LaFontaine (Parti libéral du Québec), Ministre de la Famille;

M. Mathieu TRAVERSY, Député de Terrebonne (Parti québécois).

UQAM at 40: A view from the (strike) front

[N.D.L.R.: Cette lettre a été soumise au journal The Gazette le 16 avril 2009]

I write today as one of some 950 striking UQAM professors. We’re one of the two groups alluded to a month ago by Gazette columnist Henry Aubin who wrote on March 14 (« Some public-sector unions are living in a dream world »): « It must be wonderful to be a Montreal cop. Or a professor at the Université de Québec à Montréal. Many people in both occupations evidently bask in the pleasant sense of being special – of being too meritorious to be affected by the financial woes afflicting this city and the rest of the world. » In today’s edition of the Gazette (April 16), a brief factual piece about Friday’s march offers the image of a jolly outing, and summarily restates the barest information about the strike — reinforcing the deprecating image fostered by Mr Aubin. No serious comment has appeared in The Gazette to date.

Since Mr Aubin’s article appeared, the police force has abandoned its months-old pressure tactics (many of us miss the red caps) with an agreement to enter arbitration. But at UQAM, the strike then at its inception has stretched out to now enter its seventh week. In fact, it has been 23 months since UQAM professors delivered a written proposal in order to begin negotiations on a collective agreement that expired on May 31, 2007. To this day there has yet to be a single written and complete response to come to light from the joint UQAM administration-government negotiating team — which has only finally come to the bargaining table in the past few weeks as a result of the strike.

And contrary to the assertion that repeatedly emerges in The Gazette, the strikes are not « sporadic ». After an initial two weeks of rotating strike days, UQAM professors have been out continuously since March 16, and have repeatedly voted massively to renew the strike mandate by over 90 %, most recently until April 24. We have been active not only in picketing and marching, but also in a wide range of education activities to raise awareness about UQAM’s role in the fabric of Montreal. This is a cause that has the support of over 30,000 UQAM students and every major faculty union in Quebec. And yet, when we speak to English-language colleagues or acquaintances in Montreal, they have no idea that the strike is even taking place, let alone that it has become the test case for Ministry of Education efforts to interfere with the governance of all Quebec universities.

Much misinformation — or information that is seriously incomplete in the English-language press — has circulated around the UQAM conflict, the impact of whose outcome is going to be profoundly felt in the whole education sector, whether French or English. In this respect the Gazette’s relative lack of coverage or informed comment has done a disservice to its readers, who are unaware of the very real issues involved in this strike. One thing is sure, the conflict has a scope that goes well beyond the easy dismissal offered by Mr Aubin. It’s the very vision of accessible education in Québec society that’s at stake.

Since 1969, UQAM has profoundly affected the lives of hundreds of thousands of women and men from Montreal, from throughout Québec, across Canada and around the world through its vision of accessibility to the finest in teaching and research in every field of enquiry, across management studies, the humanities and the sciences. To this day, many of UQAM students are the first in their families to undertake a journey in post-CEGEP education. UQAM’s vision is much like Concordia’s in this respect. It’s a vision made possible by the achievements of the Quiet Revolution. As a first-generation anglophone Québécois who received a French education at the primary, secondary and CEGEP levels before going on to study at Concordia, and who thereby benefited from the championing of egalitarian education in this society that is one of the great gifts of the Quiet Revolution, I consider it an honour to be able to serve the cause of accessible education at UQAM.

On April 9th, UQAM celebrated its 40th anniversary. Professors, students, support staff, sessional instructors and community representatives gathered together to symbolically renew the institution’s charter and to celebrate its achievements. Sadly absent from the recent celebrations were any of UQAM’s administration team, who are utterly caught between what many of them have conceded to be the justified demands of the professors, and the vengeful position of a government embarrassed by its role in the Voyageur Island fiasco. UQAM professors, like the rest of the UQAM community loudly objected to the PPP projects that led to the Voyageur debacle, which in turn led the government to place our university in trusteeship, and to now use its vulnerable position in an attempt to dismantle the achievements of the last 40 years.

UQAM professors seek conditions that defend these achievements by enabling us to attract the best of new colleagues to join in our outstanding record of teaching and scholarship. We’re seeking wage parity with the rest of the Université du Québec network, even while our Concordia colleagues, already well ahead of this network like those of McGill and the Université de Montréal, have just won substantial wage increases. More importantly, we’re seeking the creation of 300 new full-time positions to make up for the chronic underfunding that has reduced our numbers for many years, with resulting impact on class sizes, at the very juncture where we can expect a huge increase in student attendance in the next decade — given the present state of the economy. It just makes sense to have the qualified staff in sufficient numbers ready to meet the challenge. Effectively, UQAM professors are asking the Liberal government to be coherent with its programme of massive reinvestment in this economy — to wit, $ 300 million for the renovation of the Casino and $43 billion for new infrastructure projects — by investing also in the infrastructure of knowledge, research and critical thinking that trains today’s and tomorrow’s workforce.

The Minister for Education, Leisure and Sports, Michèle Courchesne, celebrated UQAM’s 40th anniversary by stating on the same day that the government would introduce legislation to force UQAM professors to return to work in the absence of any agreement before April 21. Acting as both negotiator and legislative judge, the minister reminds us of the very Dupplesist formulas that worked so efficiently for so long to keep social progress in check in this society. The belittling of these aims by English-language media in the 1950s remains a stain on the history of our community; Mr Aubin’s comments, and the Gazette’s sparse coverage, only serve to renew the spectre of collusion between English-language institutions and a political class that increasingly resorts to the suppression of fundamental rights of labour practice and of freedom of expression. As a professor devoted to the cause of accessibility to the finest education, I ask the Gazette to support the aims of UQAM’s professors and to call on the Québec government to honour principles of justice and fairness in its stewardship of our educational institutions. In turn this will guarantee that the society that emerges from the present economic crisis will be vibrant, because it will continue to fully enjoy the rights and freedoms won by the Quiet Revolution for all Québécois.

Yours sincerely

Dominic Hardy, professeur
Département d’histoire de l’art