Commentaires

Compte tenu de l’état d’avancement des négociations; compte tenu du fait qu’une assemblée générale réunira ce 24 avril 2009 les professeures, professeurs et maîtres de langue pour statuer sur les projets d’entente qui leur auront été soumis, l’équipe de rédaction de spuqengreve a pris la décision de fermer la section Commentaires.

Nous vous remercions de tout coeur d’avoir participé à la réflexion à propos de la grève du SPUQ et des revendications professorales avec vos commentaires, questions, opinions, analyses, etc.  Soyez assurées, assurés que vos interventions auront été entendues!

Le comité d’information interne

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264 Réponses

  1. Bonjour

    Entre deux assemblées générales, j’aimerais exprimer un point de vue sûrement minoritaire sur les ultimes soubresauts de cette grève qui fut longue et exigeante pour tout le monde. Une grève qui semble donner des résultats plus qu’intéressants pour les professeurs et la pérennité de l’institution. Si notre conflit tourne autour de deux revendications principales, c’est d’abord la demande de 300 postes de professeurs qui a rallié les gens derrière nous, et plus particulièrement les associations étudiantes. En ce sens, j’avoue mon malaise face à la dernière bataille visant la convention elle-même. Si la parité avec l’UQTR est légitime, à mes yeux cette demande, qui concerne spécifiquement nos conditions salariales, est moins congruente qu’une quête ultime de postes supplémentaires.

    Toutefois, c’est la volonté d’être payée pour chaque semaine de rattrapage (donc d’être payé en double), qui me rend extrêmement mal à l’aise. Nous avons pris la décision d’entrer en grève en toute connaissance de cause, en sachant fort bien que nous allions perdre des semaines de salaire. Cependant, grâce à un fond de grève plus que généreux (bien sûr ce sont nos cotisations), nous avons pu fonctionner sans trop d’inquiétude. Soulignons au passage ici la logistique de grève, qui fut exemplaire : lunch à l’extérieur, sandwichs au café des profs, etc. Demander un double salaire pour terminer la session n’est-il pas incongru, voire même indécent, face entre autres aux associations étudiantes qui nous ont appuyés fortement ? Dans les circonstances, pourquoi ne pas être plus cohérent avec nos demandes, voire même innovateurs ? Pourquoi ne pas par exemple demander un montant forfaitaire qui serait déposé dans un fond de recherche, une solution qui aiderait bien des professeurs, et qui pourrait permettre entre autres d’embaucher des étudiants ? Pourquoi ne pas travailler à hausser les ridicules montants qui nous sont alloués pour les déplacements dans des colloques internationaux ?

    Globalement, il me semble qu’il faut finir cette grève comme nous l’avons commencée. En ne nous laissant pas happer par la seule logique d’intérêt. Nous avons depuis le début élevé le débat sur la place centrale de cette université dans la société, sur ses valeurs d’accessibilité et d’équité, sur sa dimension plus «populaire», et sur l’importante d’une gouvernance véritablement démocratique. C’est tout à notre honneur. Ne terminons ce conflit en se fermant aux autres.

    Jean-François René
    Professeur
    École de travail social

    • Ou encore obtenir des bourses pour les étudiants ?

    • Quoi qu’il en soit, je suis fière de vous. Vous avez fait du beau travail… merci de vous être battu!

    • J’abonde dans ce sens.

    • Je suis contente de lire le commentaire de M. René, ça me rassure dans le fait que les profs ne sont pas homogènes dans leur façon de voir leur grève.

      Cependant, je crois qu’il est déjà trop tard pour les inquiétudes de la fin du message. La fermeture a déjà été faite.

      Les profs auront leur augmentation de salaire (bien méritée). J’espère qu’un merci sera fait aux associations étudiantes pour cette belle instrumentalisation consentante.

      Bien sûr qu’il fallait être utopistes pour penser que les profs allaient tenir bon sur les questions de gouvernance et de refinancement dans un contexte de négociation entre syndicat et patrons, mais c’est ce qu’ils et elles ont vendu aux étudiantEs.

      J’ai entendu dire que les employéEs de soutient n’auraient pas droit à leur l’indexation annuelle. Est-ce que les profs vont les appuyer eux? Et la SÉTUE elle aussi s’engage dans un combat, est-ce qu’elle va avoir l’appui des profs si elle part en grève l’année prochaine?

      J’ai d’autres questionnements naïfs du même genre… Est-ce que les profs ont négocié pour faire en sorte que la facture ne soit pas refilée aux étudiantEs? Est-ce que les profs ont négocié pour faire en sorte que ce soit les chargéEs de cours de l’UQAM qui soient engagéEs prioritairement comme professeurs?

      Sentez-vous à l’aise de me répondre.

      Mais s’il vous plait, attention à l’utilisation de l’expression « communauté uqamienne ». CertainEs ne sont plus dupes.

      Vanessa Gauthier Vela

      • Je crois que l’engagement d’un nouveau professeur doit être fonction du dossier du candidat, dans les dimensions enseignement et recherche. L’excellence est à ce prix, et c’est ce qui se fait dans les universités sérieuses.

        Le meilleur dossier est le seul garant de recruter un professeur qui excelle.

      • Je suis très déçu de la tournure de la situation, je ne nie pas les gains, mais bon je rêvais de mieux.. Peut-être qu’en tant qu’étudiants qui ont fait la grève pendant plusieurs semaines l’année dernière nous avons vu en cette grève la possibilité d’enfin avoir un momentum au sein de la « communauté uqamienne » et d’aller le plus loin possible, surtout sur les questions de gouvernance et de financement … Autant d’années d’attente avant de partir en grève malgré une situation inacceptable qui dure depuis longtemps, pour se replier aussi rapidement… Je suis déçu et ce n’est pas rassurant pour les prochaines luttes à mener..

      • Bonjour Vanessa,

        Je suis heureux de tenter de répondre à votre commentaire. Par contre, je vous avertis que ça sonne pas mal « professeur »…

        Cela dit, je vous avoue que la chose la plus navrante dans cette grève a été la couverture qu’en ont faite les médias. Je devrais plutôt dire l’absence de couverture… Cela est d’autant plus navrant qu’il y avait des journalistes lors des assemblées générales qui étaient en mesure de relayer ce qui se dit vraiment et ce qui décrit correctement le climat des assemblées et permet de comprendre les votes MASSIFS observés depuis le début.

        Je vais donc tenter de dire ce que je sais, pour y avoir été, en fonction de différents éléments mentionnés plus haut. Toutefois, j’insiste pour indiquer qu’une partie seulement de l’entente a été acceptée. Trois éléments importants NE SONT PAS RÉGLÉS:
        – les salaires
        – l’absence de convention pour les maîtres de langues (ceux et celles qui donnent et sont responsables des cours et programmes d’apprentissage de langues à l’UQÀM: français, anglais, espagnol, allemand, chinois, …).
        – le protocole de retour au travail.

        J’indiquerai donc lorsque mon commentaire est quelque chose qui fait partie des éléments « réglés » de l’entente et lorsque c’est quelque chose encore en négociation.

        INTERVENTION DE DÉPART DE MON COLLÈGUE J-F RENÉ: elle concerne les détails du protocole de retour qui ne sont pas réglés et encore en voie de négociation. Le SEUL document que nous avons en main est celui de la partie patronale et la discussion en AG ne permet pas de savoir comment cet aspect sera négocié. Ce que je peux dire, c’est que le protocole de la direction de l’UQÀM ne parlait pas des étudiants MAIS qu’en AG, le comité de négociation a bien mentionné que cela était inacceptable. Pour le reste, l’intervention de J-F constitue un point de vue qui lui appartient mais, là encore, en AG, bien des solutions étaient possibles. C’est au comité de négociation d’y voir et RIEN N’A ÉTÉ ENCORE DÉCIDÉ!!!

        AUGMENTATION DE SALAIRE: cela N’EST PAS RÉGLÉ comme je le mentionnais plus haut. Cela dit, comme quelqu’un l’a soulevé à l’AG, la question d’augmenter les salaires pour qu’ils correspondent un peu à ce qui se vit dans le réseau des universités est LOIN d’être seulement une question de mérite ou de principe. En effet, cela est intimement relié aux questions de réinvestissement et plus particulièrement de l’embauche des professeurs. Actuellement, il est difficile d’embaucher certainEs candidatEs déjà professeurEs ailleurs et qui seraient bienvenuEs chez-nous à cause des écarts de salaires VRAIMENT hallucinants. Par exemple, dans mon département il y a quelques mois, une candidate déjà professeure ailleurs a passé tout le processus de sélection et fini par refuser de venir à l’UQÀM parce que son salaire BAISSAIT de 20 000$ !!! Si cela est vrai pour les embauches c’est aussi vrai pour les départs vers d’autres universités: visionner SVP le très bon vidéo de mon collègue Sarremejeanne (http://tinyurl.com/cph75h). En conclusion, les salaires c’est plus important pour la survie de l’UQÀM que pour les individus dans la mesure où cela change peu de choses individuellement sur notre paie mais a un effet MAJEUR pour « soutenir » l’attrait collégial et collectiviste de notre UQÀM.

        RÉINVESTISSEMENT: une partie de cela est réglée. Il y aura d’ici 4 ans, 145 nouveaux profs à l’UQÀM! Comme on en a discuté en AG, cela est EN PLUS des départs à la retraite ou pour d’autres raisons. Comme prof, je suis très fier d’avoir été là pour que cela arrive! Au départ, en mars, tout le monde disait que c’était ridicule. Maintenant c’est fait! C’est pas 300 mais juste la moitié mais pour des battuEs d’avance c’est pas pire! Cela dit, c’est seulement si la suite passe… Dans le même ordre d’idée, le réinvestissement, je suis beaucoup plus inquiet par les promesses non remplies du gouvernement qui impliquent au moins 10-20 fois plus de millions que les salaires: les dettes immobilières! En effet, la ministre Courchesne a fait bien des promesses mais ne les a pas tout à fait tenus… Ce qui fait que notre institution paie encore 50 000$ d’intérêts par jour donc 500 000$ par 10 jours ce qui donne environ 1,5 million par mois (et 18 millions par an)… Si ces chiffres étourdissants ne vous disent rien sachez que cela correspond à peu près à l’augmentation salariale demandée PLUS l’engagement de 200 profs!!! Pour mettre tout cela en perspective, dans deux ententes paraphées il y a 3-4 ans, les médecins (spécialistes et généralistes par la suite) ont obtenu des augmentations d’ici 2010 totalisant 1 milliards (oui je garde le « S »!) par an à vie et jusqu’à la fin des temps… Allez donc comprendre. (pour ceux qui doutent de mes données, il me fera plaisir de vous transmettre un dossier indigeste mais édifiant…).

        GOUVERNANCE: cela est réglé MAIS il aura fallu être ferme. En effet, lundi (ou mardi) dernier, la partie « MELS » de l’UQÀM insistait encore pour qu’une firme privée se mêle de nos affaires. La réponse du comité de négo a été: Niet! OK, ça n’écarte pas tout mais…

        ENGAGEMENT DES PROFESSEURES: depuis plus de 20 ans, dans le cas où il y a plusieurs candidates ayant un dossier académique égal (c’est-à-dire même diplôme, même expérience de recherche et d’enseignement, même expérience pertinente au poste) l’engagement d’un professeur doit prioriser les chargéEs de cours et les femmes. Notez que l’on applique ces critères de discrimination positive lorsque les dossiers académiques sont égaux. Si vous croyez que ce sont de broutilles, c’est que vous n’avez jamais participé à un comité de sélection dans mon département (où il y a au moins un cas de dérapage qui a été corrigé par l’embauche d’une chargée de cours, il y a déjà 20 ans…). De plus, la convention des chargéEs de cours d’il y a 6-7 ans, acceptée par le syndicat des profs, a balisé des voies favorisant encore plus fortement un passage des chargéEs de cours vers des postes de professeurEs. Le scandale actuellement est celui des « maîtres de langue » qui sont traités comme des 2/3 de profs…

        SOUTIEN DES AUTRES MEMBRES DE LA COMMUNAUTÉ UQAMIENNE: c’est exprès que je désigne la rubrique de cette manière pour vous faire un peu grimper 😉 Rien n’est réglé là-dessus parce que cela fait partie d’éléments que le comité de négo, la direction du syndicat ET 98% des membres en AG veulent voir intégrés au protocole. Par exemple, on veut faire intégrer au protocole le retrait de toute poursuite civile envers toute personne ayant participé à la grève (profs, chargéEs de cours, personnels ET étudiantEs). À ce chapitre, au moins une chose est certaine: il y a un « comité de support juridique aux étudiantEs en difficultés légales » qui existe et qui recueille des « dons » pour les défendre. Je ne sais pas quoi vous dire de plus… Quant au personnel de soutien, je pense pouvoir dire dans le climat actuel que si la direction cherche à les faire plier, elle aura à faire face à un front pas commun du tout: ça va barder! Je suis certain que TOUS mes collègues pensent vraiment la même chose! Il fallait être au AG pour le sentir.

        PASSER LA FACTURE AUX ÉTUDIANTS: rien de réglé ou prévisible actuellement. Toutefois, ma fin de paragraphe précédent s’applique: ça ne passera pas!

        Je suis fatigué et je vais aller souper. Je m’excuse d’avoir pris si long pour dire des choses si simples mais…

        Martin GAGNON, professeur

      • Bonsoir à tous,

        Je suis du même avis que mes collègues Hélène et Martin. Contrairement à ce que certains d’entre-vous avancent, je crois que si plusieurs points ne sont pas encore réglés, la grève des professeurs et des étudiants de l’UQAM n’a pas seulement permis d’augmenter les salaires des professeurs. Elle a permis de diffuser dans la population l’information sur le sous-financement des Universités et en particulier de l’UQAM comme jamais nous n’en avions eu l’occasion depuis des années. C’est un grand pas en avant. Bien sûr, la grève n’a pas résolu complètement cette question (bien que 150 postes de professeurs soit un progrès important) et il ne faut pas s’arrêter là. Après la grève, il faudrait continuer de rappeler au gouvernement que les Universités ont un réel besoin de fonds pour permettre la formation et l’éducation des nouvelles générations. Il faudrait mobiliser les étudiants et les professeurs des autres Universités québécoises car nous ne pourrons pas faire le travail tous seuls.

        En ce qui concerne la gouvernance, effectivement les professeurs ont obtenu plusieurs avancées comme l’indique Martin. De plus, la ministre Courchesne n’a pas parlé récemment de son projet de loi sur la gouvernance des universités. Serait-ce en partie à cause de la grève de l’UQAM, serait-ce à cause des problèmes de gouvernance découverts récemment pour d’autres organismes? C’est difficile dire. Ceci étant dit, ce projet de loi n’étant pas encore déposé il était difficile pour les professeurs de l’UQAM de négocier quoi que se soit à ce sujet. Mais le problème a été soulevé en de nombreuses occasions. Le mouvement de grève actuel indique que les professeurs de l’UQAM devraient être prêts à se mobiliser rapidement si une telle loi devait être proposée. J’espère vous avoir convaincu que les professeurs n’ont pas fait tout cela dans leurs seuls intérêts.

        Cordialement
        Denis Réale
        Sciences Biologiques
        trouver d’autres moyen

  2. Dans la conjoncture actuelle, je crois que l’offre patronale est acceptable. Le SPUQ doit agir responsablement et accepter cette offre.

    • Avoir obtenu 150 nouveaux postes est un acquis majeur ! L’offre était de 25 postes.

  3. Ça fait plaisir de savoir par l’intermédiaire de Radio-Canada que les professeurs de l’UQAM ont rejetée la dernière offre patronale! Je me demande à quoi ça serve les AG et notre vote.

  4. Après avoir assister à la période des questions à l’Assemblée Nationale, je me pose une question: trouverait-on normal que les députés d’un groupe, par exemple du partie Libéral, soient payés 15% de moins que les autres députés de l’Assemblée Nationale?

    Denis Réale
    Professeur

  5. Sur mon humeur: l’importance des AG et l’opposition méfiance-confiance

    Ce soir, mardi 21 avril 2009, je me rends compte comment les assemblées générales influencent mon humeur: je me sens mieux après une AG !!! En ce sens, il m’en faut une par semaine!

    Je ne veux pas épiloguer sur les raisons de ce mieux-être parce qu’il me semble évident pour tous que, actuellement, d’assister à des débats sensés entre personnes intelligentes et éduquées est un « baume sur mes plaies »… Je fais certainement dans l’élitisme en affirmant cela et j’entends les reproches mon père… tout à fait virtuel puisqu’il est décédé depuis plus de 20 ans ce vieux socialiste-anarchiste qui m’a tant appris et qui comprendrait si on pouvait discuter en personne.

    Quant à ce qui concerne la méfiance et la confiance, je résumerai les choses simplement.

    JE ME MÉFIE DE:
    – Ma fatigue qui me ferait accepter n’importe quoi.
    – Ma santé qui inquiète ma médecin et qui, par la bande, m’inquiète…
    – Des étudiants qui ne pensent qu’à leurs inquiétudes quant à la session.
    – De mes collègues qui parlent des inquiétudes des étudiants quant à la session.
    – De mes collègues qui parlent de leurs inquiétudes quant à nos activités de recherche
    – De mes collègues qui insistent à me présenter une analyse supposément rationnelle des événements en cours concluant toujours dans l’importance de revenir au travail.

    J’AI CONFIANCE LORSQU’EN AG:
    – Le comité de négociation me présente la situation (ce sont tous des collègues dévoués).
    – La présidente du SPUQ, au nom de l’exécutif, donne son avis (c’est mon idole et celle de plusieurs d’entre nous!).
    – La présidente d’AG nous dirige adéquatement (elle aussi va finir par être idolâtrée…)
    – Des collègues, bien mieux que moi, présentent succinctement leur analyse de la situation.
    – Des collègues, pas mieux que moi, présentent leur point de vue.
    – Des collègues, moins bien que moi, disent ce qu’ils pensent.
    – Mon fils de 16 ans, assistant à la dernière AG, dit: « Il y en a des ‘pas rapport’ mais c’est pas mal mieux que les réunions à l’école ». En plus, il applaudit et me demande s’il a le droit de voter… (grosse discussion au souper…).
    – Il y a plus de 700 personnes et que les votes sont à 90%.

    Vivement demain…

    Martin Gagnon, professeur

  6. Je déplore le fait que le SPUQ n’envoie pas l’offre patronale du 20 avril aux professeurs AVANT l’AG du 22. Nous sommes en grève depuis 6 semaines, et franchement je commence à en avoir marre comme dirait un collègue. Je pense que le mouvement était cependant (malheureusement) nécessaire pour faire bouger le gouvernement. Ceci étant dit, il faudrait tout de même que le SPUQ nous transmette les offres faites au moins la veille de l’AG. Je ne veux pas prendre connaissance de ces offres dans un brouhaha de trompettes (!) ni me les faire présenter par un syndicat naturellement subjectif.

    • Bonjour Éric Girard, professeur au Département des sciences de la terre et de l’atmosphère,

      Il me fera plaisir de vous rencontrer un jour peut-être dans un des comités institutionnels qu’on nous impose afin de vous expliquer les différences entre de tels comités, où les décisions à prendre exigent la transmission préalable des documents nécessaires, et un comité de négociation qui vit « au jour le jour » et NE PEUT PAS transmettre des documents « stables ».

      En ce qui concerne les trompettes, j’envisage sérieusement d’en généraliser l’usage dans les comités institutionnels que je préside… Cela dit, pour que vous les évitiez au cas où celà affecterait les décisions qui y sont prises 😉

      Martin GAGNON, professeur

  7. Grève de plaisanteries!

    Je m’adresse à vous tous, sur cette tribune démocratique, afin de vous questionner sur la pertinence des moyens de pression entrepris dans le but d’exprimer les incongruités qui existent à l’intérieur de la structure éducationnelle uqamienne.

    Du jamais vue!

    Comment combattre l’inertie par l’inertie? Il est désolant de constater que vous, tenants du savoir et maîtres de recherches, soyez impliquez de manière si peu créative et inactive, à l’intérieur de se mouvement de grève immobiliste. Qu’il me fait grande peine de voir, à l’intérieur de vos agglomérations de manifestants pédants, le visage de certains de mes anciens professeurs (parmi ceux-ci, disons-le, quelques sommités en leur domaine) l’air dépeint, café et beigne à la main! Et pourtant! Je vous sais, de manière individuelle, si lucides, si créatifs… et tellement engagés dans la transmission de votre savoir. Alors, dites-moi! Que dois-je apprendre à vous observer piqueter?

    Serait-il possible que ces épreuves, auxquelles nous faisons face, arrivent justement à un moment opportun, où nous devrions démontrer notre capacité collective à se mobiliser afin de trouver des actions qui viendront sauver notre institution… savoir utiliser les qualités de tous les acteurs de l’UQAM (professeurs, personnel administratif, personnel de soutient et étudiants) afin que celle-ci représente un idéal institutionnel, et de livrer bataille tous ensembles contre la capitalisation d’une ressource qui n’a pas de prix : le savoir d’un peuple.

    Il est inconcevable qu’une institution publique, vouée à transmettre démocratiquement un enseignement professionnel, s’engouffre dans des projets qui devraient être porteur de renouveau. Il est inconcevable qu’une Université, qui vante les mérites de son école de gestion, soit incapable de gérer ces actifs (immobiliers et autres). Il est inconcevable qu’un projet comme l’îlot voyageur ne soit pas sur les tables à dessin de nos étudiants en design de l’environnement, accompagnés par leurs professeurs, architectes de renoms (l’UQAM préférant faire fonctionner les intérêts privés!!!). Il est inconcevable qu’une université suive un modèle de gestion appartenant au monde de l’entrepreneuriat privé. Il est inconcevable qu’une université n’implique pas tous ses acteurs à l’intérieur de ses projets de développement et de gestion. Il est tout aussi inconcevable de demeurer inerte lorsque le temps est venu de forcer cette institution à nous donner la place qui nous appartient. Après tout, nous ne sommes pas des sous-traitants!

    Enfin, j’invite un autre organisme qui fait de l’inertie le mouvement principal de son imbroglio; le gouvernement du Québec, à légiférer, et à rendre impossible les grèves dans le milieu scolaire. Il est temps que l’on défrise la bête et que l’on la rende docile!!! Nous devons nous rendre compte que l’éducation est primordiale à l’émergence d’une nation, et que chaque jours ou semaines de perdus, pendant une grève, sont des jours où nous sommes pris en otage par la hargne et l’inertie collective de certains groupes qui, à la place de solution et d’action positive, ne voient que leur frustration et leur impuissance à exprimer et à changer les choses avec lesquelles, faut-il le dire, une majorité n’est pas en accord!

    Je crois fermement que la solution aux problématiques multiples auxquelles nous pouvons faire face dans cette institution, et en général, réside dans notre capacité et notre volonté à posséder les rôles qui nous sont donnés, et à remplir les tâches qui s’y rattachent, avec enthousiasme et intégrité, et ce, tant par mauvais temps que par beaux temps. En remplissant nos rôles; en toute cohésion avec les rôles des autres qui nous entourent… former un mouvement collectif nous propulsant tous vers l’avant.

    St-Laurent, L. David

    Étudiant 2e année,
    Design de l’Environnement, UQAM

    BA Arts Visuels & Médiatiques, UQAM
    CA Certificat en Psychologie, UQAM

    • J’ai lu avec beaucoup de satisfaction la dernière offre patronale. Elle est particulièrement généreuse : (1) l’embauche de 150 professeurs ; (2) salaire équivalent aux professeurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières (11%) et ; (3) montant forfaitaire pour la rétroactivité à partir de 2007. L’effort gouvernemental (ainsi que de la direction de l’UQAM) est colossal dans le conflit. J’ai antérieurement souligné que les résultats de la négociation seront limités (sur le plan du très petit nombre de nouveaux professeurs. Cependant, mes propos de la première assemblée générale soulignaient que nous aurons progressivement des salaires équivalents avec nos collègues des autres universités québécoises). Force est de constater que je suis complètement dans le champ au moment de l’appréciation du nombre de professeurs. Il est étonnant d’observer que nous avons réalisé de 6 à 7 semaines de grève pour arriver à combler massivement nos revendications. Si l’argent était déjà disponible au Gouvernement, comment expliquer cette attente inutile ? Nous avons pénalisé les étudiants pour les retards lors de la session. Par ailleurs, il est approprié de postuler une incidence très négative de la grève sur les nouvelles demandes d’admission ou l’image de marque de l’UQAM. Sur le plan de la gestion des relations du travail, je demeure avec de nombreuses interrogations ? Mes modèles et mon analyse des relations du travail doivent intégrer davantage la composante politique. Il y a une partie d’improvisation dans le processus de résolution de notre conflit de travail.

      La lecture des nouvelles sur Radio-Canada révèle que la présidente du SPUQ est insatisfaite des progrès très significatifs ou des résultats de la négociation. Est-il possible que notre présidente s’appuie sur le pacte du SPUQ avec les associations étudiantes pour jeter un doute sur la dernière offre finale de la direction ? Le SPUQ applique systématiquement la promesse des 300 nouveaux postes de «professeur» auprès des associations étudiantes. Cette promesse est nécessaire car nous avons obtenu un appui important de ces groupes d’étudiants. Dans mon dernier commentaire, j’ai souligné que les professeurs préfèrent les augmentations de salaire et si nécessaire rapporter l’échéancier de l’embauche de plusieurs nouveaux professeurs à plus tard (à cause des contraintes budgétaires actuelles!). Dans le contexte du conflit de travail, les associations étudiantes ne devraient pas avoir un poids particulier dans notre acceptation de l’offre finale. Par ailleurs, de nombreux étudiants désirent terminer efficacement la session et dans les meilleurs délais. De nombreux collègues sont fatigués de cette longue grève. Il est temps de rentrer entièrement au travail et se concentrer sur nos activités de recherche et d’enseignement.

      Les gains sont substantiels sur les plans de la rémunération et du nombre potentiel de nouveaux professeurs. Avec de telles offres patronales, le Gouvernement a reconnu le sous-financement de l’UQAM et désire ardemment la pérennité de notre institution universitaire. J’insiste auprès de notre présidente, c’est définitivement la dernière offre finale finale !! Le Gouvernement a réalisé le maximum pour les professeurs compte tenu de la conjoncture actuelle. La loi spéciale est très réelle. La présidente et l’exécutif du SPUQ risquent de se brûler en suggérant le rejet de l’offre finale. La loi spéciale peut offrir potentiellement des conditions de travail moins avantageuses.

      J’invite donc mes collègues à accepter l’offre finale lors de l’assemblée du mercredi 22 avril (évidemment, si le SPUQ obtient davantage dans sa contre-proposition syndicale, c’est tant mieux mais il faut être très réaliste! je postule que nous allons pas obtenir davantage).

      Denis Morin

      Professeur de gestion des ressources humaines

      • Où Denis Morin a-t-il  » lu  » la dernière offre patronale ? Faut-il prendre l’expression à la lettre ou s’agit-il d’une métaphore pour désigner une  » rumeur  » ?
        C’est pour le moins intriguant. Quelqu’un peut-il répondre de manière autorisée?
        Jacques Pelletier

      • Bonjour Denis,

        Je crois qu’il serait peut-être précipité de se prononcer sur une offre sans avoir ladite offre (transitoire, finale, idéale) en main. Ce que vous énumérez est exactement l’offre proposée par le comité de négociations à la partie patronale et présentée à la dernière assemblée générale. Ainsi, il va de soi que la partie patronale ne peut pas offrir exactement la même chose comme dernière offre. Il serait plutôt une entente de principe.

        En ce moment, plusieurs rumeurs circulent comme :
        -mise de coté des négociations des maîtres de langue
        -ajout de 90 à 150 postes (avec ou sans des titulaires de chaire)
        -augmentation salaire de 8% à 11% (en fonction du nouveau standard dite Trois-Rivières) sur 3 à 5 ans
        -retroaction jusqu’en 2007 ou non
        -protocol sur le retour au travail ou non
        -offre « finale » ou contre-offre de la SPUQ

        Demain, nous allons savoir précisément les tenants et aboutissants de la dernière offre et ainsi serons en mesure de prendre position (comme le veut le slogan de l’UQAM).

        À demain,

        Carey Nelson
        Maître de langue (anglais)

      • Plaisant de constater les belles paroles faites par le SPUQ afin que les asso embarquent et maintenant regarder qui se retrouve perdant, les étudiants ! Si l’offre est acceptée, madame la présidente nous aura menti à nous tous les étudiants.

        Hourra !

    • Oui, oui. Mais, concretement, tu proposes quoi…?

  8. Les étudiants et les personnes qui bloqueront l’accès à l’université si une loi spéciale est imposée seront soumis à de sévères amendes et des arrestations pour causes d’outrage au tribunal.

    pensez-y!!

    • La sentence :
      Les sanctions sont prévues à l’article 51 du Code de procédure civile. Ainsi, la personne qui se rend coupable d’outrage au tribunal est passible d’une amende n’excédant pas 5 000 $ ou d’un emprisonnement pour une période, au plus, d’un an.

  9. Tout petit commentaire…
    Vous ne devriez pas oublier le sort de la planète dans vos revendications! 😉
    Les fleurs du Dollarama (qui doivent venir de l’autre bout de la planète et qui ont certainement voyagées par bateau) que vous suggérez à vos membres de se procurer pour « Virée au parlement » devraient être changées par des vraies, achetées chez un « bon » fleuriste ou fabriquées avec du papier recyclé et recyclable.

    • Tout à fait d’accord.

      Par contre, la grande majorité des fleurs est aussi importée. Allons-y avec les fleurs fabriquées avec du papier recyclé et recyclable.

      Tant qu’à y être, le SPUQ n’a jamais pensé récupérer les chemises oranges données à chaque assemblée?

      Que dire des autobus scolaires réservées pour un trajet UQAM – Caisse de dépôt? Les GES, ça vous dit quelque chose?

      Bon j’arrête ici…

  10. Après avoir lu la lettre ouverte de Dominic Hardy (UQAM at 40: A View from the (strike) Front, j’aimerais ajouter mes observations sur le même sujet. Je suis la personne qui est en quelque sorte responsable de la revue de presse pour Spuqengrève. Deux fois par jour, je fais des recherches pour trouver les articles qui portent sur la grève.

    En tant qu’anglophone, je trouve que la couverture de la grève dans les médias anglophones est tout à fait lamentable. Bientôt la revue de presse dans Spugengrève dépassera 140 articles. Cependant, il y a à peine onze articles qui se trouvent dans la langue de Shakespeare (sans parler de la qualité de ces œuvres).

    Lors de la deuxième semaine de la grève, j’ai pris la peine de contacter la société CBC pour exprimer ma déception de leur couverture de la situation à l’UQAM. Ils m’ont tout de suite passé en entrevue pour diffuser à la radio (en passant je ne sais pas s’ils l’ont fait). Deux jours plus tard, lorsqu’il y a eu une injonction contre les membres du SPUQ, toutes les sources médiatiques l’ont couvert sauf la société CBC. Cependant j’ai envoyé un courriel aux journalistes de CBC la veille pour dire que l’UQAM allait bientôt obtenir l’injonction, mais ils n’ont rien publié sur le sujet. Néanmoins parmi les articles de la même journée, il y a eu un reportage (http://www.cbc.ca/canada/montreal/story/2009/03/25/bombardier-landing.html) sur un avion fabriqué par Bombardier qui a eu des difficultés d’atterrir au japon (et ce dans la section régionale de Montréal !).

    Je trouve cela regrettable que les médias anglophones sont aussi peu intéressés par notre grève. Mais pire encore, je suis stupéfié par le fait que la plupart des articles du Montreal Gazette sont affichés dans la section Business. Et sur la même longueur d’onde, le seul article dans The Globe and Mail se trouve sous la rubrique Globe Investor. Ainsi, plus de la moitié des articles sur la grève (six sur onze) dans les médias anglophones se classent comme une affaire Business. J’accepte que time is money, mais l’éducation aussi ?

  11. Les professeurs universitaires sont sensés être le savoir, la sagesse et l’érudition de notre société. Si vous vous rendez à la loi spéciale vous allez prouvez tout le contraire.

    Les étudiants parlent déjà de grèves pour protester contre une loi spéciale. C’est ici le vrai problème de l’UQAM. Les associations étudiantes biaisées qui veulent en faire l’université du peuple. Je n’ai rien contre les baccalauréats qui mènent à un domaine très vaste, mais ce sont souvent les étudiants qui ont un avenir plutôt abstrait qui s’oriente dans cette vaste entreprise qui est de vouloir changer le monde à l’UQAM.

    Il n’y a malheureusement pas de place à l’UQAM pour les vrais étudiants qui veulent finir leur étude et se diriger peut-être vers des études gradués ou vers le milieu du travail.

    J’adore mon baccalauréat, je suis juste déçu de la population qui l’occupe.

    (Ce message est en grande partie dû à mon association étudiante (AESS) qui veulent tomber en grève général jeudi en cas d’une loi spéciale.)

    • Bonjour JP,

      Je comprends votre angoisse de ne pas finir votre session. Cependant rien de dit que vous ne pourrez pas la finir. Depuis des semaines, vos professeurs ont fait des pieds et des mains pour améliorer le sort de votre université et régler des négociations que refusent la direction et le gouvernement, ils feront des pieds et des mains pour faire en sorte que vous la finissiez cette session un fois la grève finie.

      Sachez également que les professeurs ne se rendent pas à la loi spéciale mais plutôt la loi spéciale pourrait leur être servie telle une grande claque par le gouvernement. Encore un fois, rien ne garantit que ce sera le cas.

      Ensuite, je vous rassure, vous finirez bien vos études. Une grève c’est dur et parfois long, surtout lorsque dans un cas comme le notre le gouvernement a refusé catégoriquement d’écouter nos demandes. Cependant, cette grève finira et je peux vous assurer que c’est le souhait le plus cher de tous vos professeurs.

      Si vous êtes contre la grève de votre association étudiante, votez contre et aller faire valoir votre point de vue en assemblé.

      Enfin, je trouve curieux votre manière de séparer les « vrais » étudiants des « faux ». Depuis que je suis professeur, je n’ai rencontré que de vrais étudiants. Peut-être entendez vous par « vrais » des étudiants sérieux? Vous n’êtes pas le seul étudiant de l’UQAM à considérer votre avenir de façon sérieuse. Par exemple, en sciences biologiques environ 50% des étudiants au BAC poursuivent par une maîtrise. Les autres trouvent rapidement un travail après le BAC. Les étudiants sérieux sont capables de réussir dans leurs études mais aussi de montrer un réel engagement vis à vis du monde qui les entourent.

      Denis Réale
      Professeur

      • Excusez madame,

        Les étudiants « engagés » dont vous pensez parler, sont pour la plupart certes très sérieux mais sont souvent rendu (malheureusement) à instrumentaliser leurs associations et les détourner de leurs but originel et ce à des fins idéologiques.

        Je conçois que ce sont ceux qui se présente aux assemblées qui votent, cependant comment peut on accepter qu’une association comme l’AEMSP (module de science politique), prenne des votes « 44 POUR, 17 CONTRE » et parlent au nom, prennent des décisions pour 700 étudiants.

        Et ceci est d’autant plus triste, lorsque ces étudiants ont bien noyauté l’organisation de l’association étudiante et s’arroge le droit d’exprimer ouverture et sans complexe leur idéaux dont la radicalité est bien connue.

        Aujourd’hui, les associations font de la censure. Oui, il censure ceux qui au sein des associations s’insurge contre cette dictature de l’opinion que le corp professoral ainsi que quelque chargé de cours tout comme certains employés imposent…

        Je ne fais que le déplorer, à mon grand regret.

      • J’ai lu avec beaucoup d’intérêt les différents commentaires très pertinents provenant des étudiants et des collègues. Les diverses lettres transmises sur le site «spuqengrève» sont percutantes et appropriées. Mes opinions personnelles divergent de l’analyse du SPUQ ou de plusieurs de mes collègues. Nous sommes à une étape décisive de la négociation. Encore une fois, je valorise une entente négociée. Les derniers développements dans nos négociations contribuent à me positionner sur certaines remarques de mes collègues. Mon collègue Denis Réale souligne qu’une loi spéciale représente une grande claque. Disons que les conséquences d’une telle loi spéciale sont importantes (décret à l’égard de nos conditions de travail). Je suis d’accord avec Denis qu’une telle démarche peut potentiellement nuire à court terme à la mobilisation des professeurs. Cependant, nous travaillons à l’intérieur d’un réseau scientifique avec des professeurs de plusieurs universités. Au-delà de la loi spéciale, il faudra poursuivre nos travaux de recherche ainsi que notre enseignement. La publication scientifique représente un enjeu pour obtenir les subventions de recherche. On ne pourra pas travailler moins fort dans l’éventualité où nos revendications syndicales ne sont pas entièrement comblées. Selon moi, il est grand temps que la grève se termine cette semaine par une entente négociée (et si nécessaire la loi spéciale). Cette grève cause des préjudices considérables à l’image de marque de l’UQAM. Les grèves étudiantes n’aident pas la cause puisque finalement ce sont les étudiants eux-mêmes qui se pénalisent (selon moi, le vote étudiant à l’égard de la grève n’est pas représentif de la communauté étudiante). L’amélioration de l’image de marque UQAM exige notamment : (1) aucune grève étudiante pour les dix prochaines années ou de grève du personnel (l’image d’université de grève va nous coller à la peau pour longtemps !) et; (2) un meilleur processus de gestion à l’UQAM. Sur ce dernier point, je suis très favorable à des doyens «cadres» ou à l’embauche de gestionnaires provenant de l’extérieur ou du secteur privé. Cette démarche favorisera une meilleure imputabilité en gestion. L’UQAM doit avoir une approche plus «business». Si nécessaire, réviser les programmes d’étude et avoir le courage d’éliminer les programmes ayant peu de retombées.

        Le SPUQ ne peut pas recommander à ses membres «le non respect de la loi spéciale» puisqu’il y aura «outrage au tribunal». Il est clair que le SPUQ a réalisé des compromis sur le plan du nombre de professeurs. Je pense que les professeurs préfèrent les augmentations de salaire (et selon le cas rapporter l’embauche importante de professeurs à plus tard). L’embauche de professeurs peut être fonction de la nature et l’augmentation de la clientèle étudiante. Encore faut-il au préalable repositionner l’image de marque de l’UQAM. Les réalisations des professeurs et des étudiants de l’UQAM sont exceptionnelles. Mais la grève vient masquer considérablement notre très belle contribution sociétale. L’UQAM doit se positionner comme le premier choix auprès des futurs étudiants à tous les cycles d’étude.

        Après plusieurs semaines de grève, le SPUQ est devant un choix difficile (dans la mesure où la partie patronale refuse la contre-proposition syndicale) : acceptation d’une offre finale imparfaite (car le SPUQ doit vraisemblablement faire d’importantes concessions à la lumière des contraintes budgétaires) ou la loi spéciale. Bref, qu’avons-nous vraiment obtenu par cette grève ? Est-ce que les recteurs des autres universités québécoises appuient nos revendications ? Je n’ai pas entendu nos politiciens appuyer nos revendications salariales. Malheureusement, je n’ai pas vu un éditorial substantiel (dans La presse, le Journal de Montréal ou le Devoir) qui appuie nos revendications de façon systématique ? Comment expliquer un tel phénomène ?

        L’investissement dans le Casino de Montréal est un choix politique. Le SPUQ ne peut à lui seul orienter les choix politiques du gouvernement en matière d’enseignement supérieur (déjà que le gouvernement éponge notre déficit immobilier). Bien que je suis sensible aux conséquences de nature psycho-sociale de la décision par rapport au Casino. Il importe de rappeler que l’UQAM représente un poste budgétaire parmi tant d’autres (par exemple le CHUM) dans les priorités gouvernementales. C’est la population qui a voté pour ce gouvernement majoritaire!

        À moins d’un changement significatif, le vice président du SPUQ a mentionné en fin de semaine dans un reportage à LCN qu’il est modérément confiant à l’égard des résultats de la négociation. Il faut le croire. Je fais l’hypothèse que les gains ne seront pas énormes. Je peux aussi me tromper royalement….L’analyse du conflit selon la perspective des relations du travail montre que plusieurs facteurs sociaux, politiques et économiques ne sont pas favorables au SPUQ actuellement.

        Denis Morin

        Professeur de gestion des ressources humaines

      • Enfin un professeur qui voit l’intérêt de l’UQAM de façon multi-dimensionnel et non seulement du point de vue du SPUQ et des différents points en négociations dans ce conflit.

        Merci M.Morin.

      • Bien d’accord également avec M. Morin, les dommages au niveau de la réputation de l’UQÀM sont significatifs…

        Personnellement, j’ai été accepté dans un programme de maîtrise en gestion environnementale et santé publique à Hong Kong; je DOIS terminer mon bac. à temps afin d’obtenir mon visa, sans parler des 8000$ de frais de scolarité non remboursables que j’ai dû envoyer la semaine dernière…

        J’essaie de bâtir un Monde meilleur de façon concrète et cette grève commence sérieusement à m’inquiéter. J’ai du mal à dormir et je suis constamment d’humeur très irritable… Inutile de vous dire que si les effets de cette grève viennent perturber mon projet d’études et m’occasionnent des pertes financières importantes, je garderai un souvenir extrêmement amer de mon expérience à l’UQÀM.

        J’écrirai prochainement une lettre d’opinion détaillée…

        P

  12. Did you say « 300 phoques » ?

    La vidéo « Culture en péril, suite et fin », qui dénonçait les coupures par le gouvernement Harper dans les programmes de soutien à la culture, semble avoir eu un impact important sur l’opinion des Québécois lors des dernières élections fédérales. Apparemment dans un tout autre ordre d’idée, la coupure de la subvention de l’Observatoire du Mont-Mégantic a été très mal reçue par l’opinion publique. Ce sont en fait là deux incidents qui ne sont pas vraiment indépendants. Ils relèvent tous deux d’une logique de désengagement gouvernemental en ce qui concerne le soutien à la culture au sens large, celle qui englobe autant la danse et le cinéma que la recherche en sociologie ou en mathématiques. Plusieurs autres décisions des dernières années, autant à Ottawa qu’à Québec, minent le soutien à la recherche fondamentale, au profit d’une recherche ciblée. Certaines de ces décisions ont récemment été fortement critiquées par un collectif de plus de 2000 chercheurs universitaires (voir l’édition du 17 avril du Devoir), qui soulignent le contraste entre l’attitude canadienne et « l’approche audacieuse et éclairée qu’a choisie l’administration Obama aux États-Unis », consistant à réinvestir de façon très significative en recherche et en éducation pour « pour aiguiller (le) pays vers de nouvelles voies d’avenir. »

    Il est intéressant d’examiner de ce point de vue le conflit à l’UQAM, qui oppose en fait les professeurs grévistes directement aux politiques en éducation et en recherche du gouvernement Charest. La revendication centrale des professeurs concerne l’engagement de 300 nouveaux professeurs, et l’un des buts visés par cette revendication est précisément d’augmenter la capacité de recherche de l’UQAM. La même problématique confrontera d’ailleurs très bientôt leurs collègues de l’Université de Montréal, ce qui montre que le problème de l’UQAM n’est pas isolé. Il serait bien que le Québec monte aux barricades pour défendre sa culture scientifique comme il l’a fait en défense du soutien à ses artistes. Il en va du dynamisme à court et à long terme de la société québécoise, et du développement de sa culture. À quand une vidéo dans laquelle on chantera:

    Cré-moé, cré-moé pas
    Quéqu’ part sur le trottoir
    Y a un prof qui s’ennuie en maudit …

    … Sorry Sir, what did you say? 300 profs?

    François Bergeron, Gréviste, Département de mathématiques, UQAM.

  13. Bonjour à vous gréviste,

    Votre grève qui s’éternise de plus en plus fait de plus en plus de victimes. Officiellement, ma session est maintenant prolongée. Bien que vous dites qu’il faut être solidaire (!!), mes étés sont consacrés à travailler afin de payer mes frais au courant de l’année scolaire. En venant à l’UQÀM, on m’a mentionné que ma session se terminera le 3mai. Mon contrat de travail commence le 4mai.

    Voilà maintenant, qu’en vertu de la prolongation de la session, la prochaine date de commencement pour mon emploi est en même temps que les cégeps, soit le 25 mai. Non seulement je perds 3 semaines de travail, mais en plus je perds l’ancienneté que l’université m’apporte.

    Voici les pertes calculées :

    3 semaines : 625$ x 3 = 1875$
    Dommage de pertes d’ancienneté (avantage): 400$
    TOTAL : 2275 $

    Ma question est la suivante. À qu’elle partie dois-je faire ma réclamation. Le SPUQ ou la direction ? Je compte bien me faire rembourser ce montant par l’un ou l’autre des parties. J’ai choisi l’UQÀM, maintenant je regrette amèrement mon choix et je ne compte plus y rester.

    J’aimerais une réponse, bien que je doute que vous publier ce message.

    • Bonjour-bonsoir Mathieu,

      J’espère pour vous que la grève se prolonge: cela vous permettra d’organiser les démarches nécessaires à un recours collectif.

      Vous pourriez même en faire un travail de session dans un de vos cours… à l’Uqàm pas à l’U de M ou McGill !!!

      Cyniquement vôtre (sans pourtant espérer que vous lirez les commentaires à votre commentaire qui a été publié malgré vos doutes…).

      Martin Gagnon, professeur

    • Bonjour Matthieu,

      Je vous conseillerais de lire les commentaires et les articles de spuqengreve pour vous informer sur qui, des professeurs, de la direction ou du gouvernement, fait le plus d’efforts pour faire avancer les négociations et qui s’évertue à laisser pourrir la situation. Vous pouriez également contacter la direction et le gouvernement pour leur demander leur vision des choses.

      Par la même occasion, j’espère que vous trouverez des informations pour réaliser que « notre grève qui s’éternise » n’est pas faite que pour « nous » les professeurs mais qu’elle se poursuit parce que nous pensons sincèrement que l’avenir de l’UQAM en dépend. « Votre » avenir par la même occasion.

      Fort de ces informations, vous pourrez décider d’envoyer vos réclamations à qui vous plaira.

      Denis Réale
      Professeur

    • Je précise quelques points.

      – Le pathétique dans l’histoire, ne porte pas sur votre questionnement et inquiétude légitimes, mais sur votre éventualité de refiler la facture à un syndicat de professeurs, d’étudiants, … qui se battent pour l’amélioration des conditions d’étude et de travail. Il serait plus judicieux que cette facture soit envoyée au gouvernement qui semble avoir des millions pour le Casino, le centre Bell, le CH, et j’en passe.

      – ‘Bon vent’ est une expression ancienne, que l’on disait aux marins qui prenaient la mer, afin de leur souhaiter de bons vents et qu’ils arrivent à bon port. Si votre souhait le plus cher, suite à ces revendications légitimes des professeurs et étudiants, est de quitter l’UQAM, je suis sur que nous sommes nombreux à vous souhaiter tout le bonheur du monde et plein de succés, ailleurs. Mais, vous savez, les grèves peuvent survenir n’importe ou, n’importe quand.

    • Bonjour Mathieu,

      Je comprends ton désarroi et ta frustration face à la situation actuelle, qui n’est pas facile pour personne. Les professeurs ont des revendications très raisonnables qui n’auraient jamais dû mener à une grève. La direction de l’université est prise dans un étau financier intenable imposé par le gouvernement Charest. Les profs avec des demandes plus que raisonnables et la direction prise au cou ne sont donc pas responsables. Donc si tu cherches à te faire rembourser, tu devras t’adresser au véritable responsable, soit le gouvernement.

  14. Après la grève, quelle responsabilité pour le gouvernement et pour la direction sur les dommages faits à l’UQAM?

    Depuis plusieurs mois, les professeurs ont tiré la sonnette d’alarme sur le danger de ne pas investir dans l’UQAM. Leurs cris et leurs réflexions rappellent à la société québécoise la nécessité d’investir massivement dans cette Université, notamment en embauchant 300 nouveaux professeurs et en permettant l’équité des salaires avec les autres universités québécoises. Les professeurs ont indiqué clairement et avec insistance que les missions de l’UQAM seront mises à mal si aucun investissement massif n’est réalisé.

    Cependant, le gouvernement reste sourd à ces avertissements et son regard se dirige vers le Casino, les Canadiens, ou le Grand Prix de Montréal qui font, nous le savons tous, rouler l’économie sur des bases solides. Le gouvernement préfère ignorer les retombées économiques de 40000 étudiants venant travailler tous les jours autour du Quartier Latin et de la Place-Des-Arts. Il préfère ignorer les retombées sociales et économiques directes des multiples activités des professeurs. Il semble même ignorer les retombés sociales et économiques encore plus essentielles et profondes de la formation des milliers d’étudiants inscrits à l’UQAM. Pourtant, la ministre Courchesne affirme être fière de l’UQAM (débat de l’Assemblée Nationale du 9 avril). Ouf! Nous avions douté pendant un moment. Elle pourrait faire la démonstration de sa fierté à grands coups de loi spéciale.

    A court terme, cette loi forcerait effectivement les professeurs à retourner au travail et permettrait aux étudiants de finir leur session (s’ils ne restent pas en grève). Envisageons maintenant les conséquences à long terme de cette méchante claque dans la face uqamienne : la loi spéciale risque de laisser des cicatrices profondes sur la motivation des professeurs et d’accroître la rancœur des étudiants. Pour le moment, il est difficile d’en mesurer les conséquences exactes. De plus, associée au cortège d’informations de mauvaise foi diffusées par le gouvernement depuis des années (voir justement le dernier texte de Jean-François Côté à ce sujet), il me semble que cette mesure façonnera une « belle » image de marque UQAM garantie sur le long terme; un bel effet UQAM!

    L’UQAM : L’université dont les professeurs ont été réduits au silence à coup de force, alors que la légitimité de leurs revendications était montrée par le rapport d’une firme indépendante (rapport AON). L’UQAM : l’Université dont les manques de moyens ont été clairement établis mais que le gouvernement Charest a préféré négliger! Qui voudra aller dans une Université ayant subi un tel camouflet? Qui choisira l’Université publique, populaire, francophone, laïque et sous financée ?

    IL RESTE ENCORE UNE CHANCE DE TOURNER LA PAGE, DE FOURNIR A L’UQAM LES MOYENS QUI LUI MANQUENT, DE LUI REDONNER SON IMAGE DE MARQUE D’UNIVERSITÉ PUBLIQUE, POPULAIRE, FRANCOPHONE, LAÏQUE, CHOIX PREMIER DE NOMBREUX ÉTUDIANTS QUÉBÉCOIS ET FLEURON DE L’ÉDUCATION AU QUÉBEC.

    J’espère sincèrement que la ministre de l’éducation, pense sérieusement à sa responsabilité à long terme sur l’avenir de l’UQAM. Je souhaite de tout cœur que la direction pense sérieusement aux conséquences à long terme de son absence de soutien aux professeurs, employés de soutien et étudiants de son Université!

    Denis Réale
    Sciences Biologiques

  15. Irresponsabilité ministérielle

    La ministre Courchesne soutient que son plus grand souci est de sauver la session des étudiant-e-s de l’UQAM, en souhaitant que les négociations se concluent dans un délai raisonnable. On peut légitimement se demander si l’on a affaire ici de la part de la ministre à de l’hypocrysie crasse, ou à un cynisme consommé. Comment peut-elle en effet prétendre à cette attitude «consciencieuse» alors qu’elle est elle-même engagée dans un bras de fer avec l’Université visant somme toute à briser définitivement cette dernière – et le corps professoral en particulier? C’est en effet la ministre elle-même, comme porte-parole du gouvernement Charest et par le biais de son sous-ministre Charland, qui définit le cadre dans lequel se déroulent les présentes négociations, ou plus exactement, qui interdit que ces négociations puissent se tenir dans les faits, en étranglant les conditions de financement qui permettraient qu’elles aboutissent sur les deux points qui achoppent toujours, soit l’embauche de nouveaux professeurs et les conditions salariales des professeurs en poste. Là-dessus, soulignons que la ministre Courchesne demeure d’une remarquable constance, puisqu’elle a depuis les tout débuts de la crise de l’UQAM adopté une attitude de mépris envers cette institution, légitimée en premier lieu et par-dessus tout par le préjugé négatif qu’elle entretient à l’égard de notre Université.

    On se souviendra en effet des affolements de la ministre lors des premières rencontres avec la rectrice intérimaire, Danielle Laberge, alors qu’elle enjoignait la direction de l’UQAM d’aller «prendre des cours de gestion 101». Ces affolements de la ministre Courchesne n’ont finalement connu d’accalmie que lorsque les rapports rédigés sur la question de l’Îlot Voyageur et du Complexe des sciences (et notamment, celui du vérificateur général) ont bien mis en lumière les véritables responsabilités en cause, en pointant notamment dans ce sens bien sûr l’ancien recteur Roch Denis, mais aussi les ratés du MELS et les égarements de son ministre à l’époque, Jean-Marc Founier. Et lorsque le gros bon sens a fini par reprendre ses droits, autant sur l’esprit de la ministre que sur celui du gouvernement, ce dernier a conclu à la nécessité de prendre ses responsabilités dans ce dossier. Cela n’était pas sans compter le désir de revanche qui allait venir hanter les suites de l’évolution de l’UQAM, et dont témoigne éloquemment l’état des présentes négociations.

    Il ne fait pas de doute en effet que c’est la suite immédiate de cette affaire qui détermine l’attitude présente de la ministre. Revanche, donc, et préjugé, s’allient ici pour définir une position ministérielle dont on pourra juger de la capacité de jugement dans l’étendue des dégâts qu’elle entend provoquer – en s’en rendant compte ou non. La ministre ne s’est pas gênée pour rappeler à l’Assemblée nationale, et cela en deux occasions différentes, comment la situation de l’UQAM avait suffisamment été prise en compte par les décisions déjà assumées par le gouvernement. C’est d’ailleurs là le seul et unique argument qu’elle est capable d’invoquer dans les présentes circonstances pour justifier le blocage de tout autre contribution pouvant permettre le règlement des négociations de la convention collective. Il faudra éventuellement d’ailleurs s’interroger sur les incapacités réelles dont témoigne la ministre Courchesne lorsque vient le moment de motiver autrement son attitude, puisque visiblement elle ignore tout de la situation de l’UQAM (ce dont rend bien compte son exigence, qui prend des airs de toquade, de mise sur pied d’un comité visant à évaluer divers aspects de son fonctionnement interne).

    Ignorance, revanche, préjugé; voilà en quoi consiste l’attitude de la ministre Courchesne, dont la définition de la responsabilité ministérielle à l’égard de la deuxième université francophone en importance de Montréal conduirait n’importe quelle personne étudiant à l’UQAM à se demander s’il s’agit vraiment là de la manière dont une ministre peut prétendre sérieusement se préoccuper de ses intérêts. En attendant que cette irresponsabilité ministérielle comprenne finalement où elle est en train de mener notre Université, on peut toujours attendre ou peut-être plutôt espérer que quelqu’un d’autre au gouvernement fasse comprendre à la ministre Courchesne que son entêtement ne la mènera elle-même finalement de nouveau qu’au ridicule – même si ce dernier est susceptible de produire un désastre. C’est à cette aune que se mesure malheureusement l’incompétence.

    Jean-François Côté
    Professeur titulaire
    Département de sociologie

  16. Une belle lettre d’une professeure de l’université de Montréal, dans le devoir d’aujourd’hui : http://www.ledevoir.com/2009/04/15/245755.html sur le 2 poids, 2 mesures, sur le traitement réservé à l’UQAM, versus d’autres institutions …

    Au passage, règlement du conflit ou pas, loi spéciale ou pas, 2% ou 5% en plus, j’ose espérer que les gens qui sont contre la grève (votée et reconduite démocratiquement) et qui se sont épanchés longuement par voie de presse, sur la non justification de cette grève et sur le fait qu’à l’UQAM, ce n’était pas grave que les professeurs soient moins payés que partout ailleurs, seront cohérents avec leurs prises de position publiques, et qu’ils remettront cette augmentation forcée (2%) ou négociée (disons 5%) à des œuvres de bienfaisance, ou au SPUQ.

    Et ensuite, après le Casino, le GP de F1 de Montréal aura de l’argent neuf pour son retour, l’Université de Montréal aura ses nouveaux 12%, et la vie continuera.

  17. La cage de fer

    Le texte qui suit est une réflexion sur des enjeux politiques
    associés à la grève.
    La crise économique actuelle n’est que la plus récente
    d’une longue série, écologiques, humanitaires, politiques, etc.
    Les pouvoirs politiques, qui devraient normalement intervenir
    avec force et efficacité dans les crises, semblent impuissants. Presque rien ne bouge, sauf pour créer l’illusion que nous avançons.
    On nous dit que la solution est proche,
    qu’il faut attendre le moment favorable,
    qu’il faut être réaliste,
    que la prochaine réunion des dirigeants permettra de lever enfin des obstacles qui seraient autrement insurmontables.
    On nous dit encore que des progrès importants viennent d’être
    accomplis, que la crise est en voie de se résoudre d’elle-même et
    que nous pouvons dormir sur nos deux oreilles.
    Mais l’absence de progrès véritables malgré des délais interminables mine notre volonté et la transforme peu à peu en résignation.
    Notre âme engourdie, affaiblie, devient la proie du cynisme
    et du défaitisme.
    Essayez de deviner ce que pensent les oubliés.
    Des esprits malins soufflent à notre oreille
    que la démocratie n’est que démagogie,
    que la politique n’est que corruption,
    que la justice est utopie,
    que c’est le règne du plus fort,
    que l’homme est un loup pour l’homme,
    qu’il faut tirer son épingle du jeu.
    Des économistes ajoutent
    que l’inégalité est naturelle,
    que l’envie et l’avarice sont créatrices
    qu’il faut laisser faire la main invisible et « bienfaisante ».
    Remplis de désespoir ou bien à demi-rassurés,
    nous pouvons retourner dans notre bulle
    pour s’occuper de nos affaires privées,
    pour se divertir entre amis,
    jouir de vains plaisirs,
    prier des dieux imaginaires et
    sommeiller confortablement dans l’attente de la mort.
    Pendant ce temps, la mort ne chôme pas.
    Je vous invite à lire le livre d’Hervé Kempf
    «Comment les riches détruisent la planète».
    À ne pas lire si vous voulez rester dans votre bulle.

    http://www.coeurdessciences.uqam.ca/

    L’UQAM est au service de la société.
    Son but est social et humanitaire.
    Nous avons absolument besoin de 300 jeunes professeurs
    pour remplir notre mission et combattre les crises actuelles.
    Et peut-être moins d’une augmentation de salaire.
    Dans un geste de défi face aux pouvoirs établis,
    dans un acte de responsabilité et de simplicité volontaire,
    nous pourrions demander une diminution de salaire!
    Les ressources ainsi dégagées pourraient faciliter
    l’engagement de jeunes professeurs!
    Cela ferait bang dans la sphère politique et culturelle.
    L’UQAM serait à l’avant-garde d’un mouvement
    de responsabilité.
    Et l’espoir reprendrait son vol, libéré enfin de la cage de fer économique.

    André Joyal
    Département de Mathématiques.

    • L’homme noble veut créer quelque chose de neuf et une nouvelle vertu. L’homme bon désire les choses vieilles et que les choses vieilles soient conservées.

      Mais le danger de l’homme noble n’est pas qu’il devienne bon, mais insolent, railleur et destructeur.

      Hélas ! j’ai connu des hommes nobles qui perdirent leur plus haut espoir. Et dès lors ils calomnièrent tous les hauts espoirs.

      Dès lors ils vécurent, effrontés, en de courts désirs, et à peine se sont-ils tracé un but d’un jour à l’autre.

      Ainsi parlait Zarathoustra.

    • Bonsoir collègue Joyal,

      Dans votre propos j’entends deux choses successivement: la poésie d’un Victor Hugo et le cynisme qui m’est propre.

      Pour ce qui est de Hugo, je décline tout commentaire. Pour ce qui est du cynisme, j’aimerai en ajouter une « couche ».

      En effet, il est possible d’imaginer une formule (évidemment différente de la vôtre) qui ajusterait équitablement les salaires dans les universités et qui donnerait tout le bénéfice politique du « bang » aux premières personnes concernées: nos politiciens!

      NOTRE GOUVERNEMENT DEVRAIT RAMENER TOUS LES SALAIRES DES PROFS (et pourquoi pas du personnel ?) AU NIVEAU DE CEUX DE L’UQÀM!

      Comme un animateur d’une très bonne émission de France Culture (cf. note #1) sur la science actuelle (cf. note #2) dit toujours en fin de préambule: « Je vous laisse le soin de tirer les conclusions… ».

      Salutations cabotines…

      Martin Gagnon

      Notes:
      #1. On est colonisé ou on l’est pas! Dans mon cas, c’est désespéré parce que j’aime mieux France Culture que « Découverte-s » ou « Tout le monde en parle! ».
      #2. Y incluant les maths! et avec des entrevues sublimes dans le domaine.

  18. La santé intellectuelle du Québec est menacée

    La grève des professeurs de l’UQAM (avec ses nombreux appuis d’artisans de la révolution tranquille, des partis de l’opposition, des professeurs d’autres universités québécoises, des milieux culturels, des étudiants, etc) n’est qu’un symptôme d’un mal plus profond qui menace l’UQAM, mais aussi toutes les autres universités du Québec. Il en va de la santé et de la vigueur du savoir au Québec. Un rapport de l’UNESCO, datant de 2005 et intitulé « Vers les sociétés du savoir », souligne que:

    « Les enseignements supérieurs se distinguent des enseignements primaires et secondaires non seulement par l’âge et le niveau des étudiants, mais également par la production et la valorisation de nouveaux savoirs dans les sphères culturelle, sociale et économique de la société. Privées de ces fonctions de recherche, de découverte et d’innovation, les institutions d’enseignement supérieur se réduisent à des établissements « d’éducation tertiaire », simples prolongements du primaire et du secondaire. […] Les universités étant en quelque sorte les « miroirs » de leurs sociétés, chaque pays, quel que soit son cadre culturel et son niveau de développement économique, doit pouvoir bénéficier des fruits de la recherche, et pas seulement d’un enseignement tertiaire. » (page 98)

    Hors, c’est justement dans cette distinction, entre enseignement supérieur et enseignement tertiaire, que réside tout l’affrontement entre les revendications des professeurs de l’UQAM et la conception des universités de notre gouvernement actuel. Tout cela au moment où se présente pour le Québec des défis importants qui se conjuguent à ceux soulevés par la crise financière internationale.

    Parmi ces défis il y a celui de taille (mais assez peu discuté) correspondant au fait que « … alors même que l’on évoque l’avènement de sociétés du savoir, on constate, dans un grand nombre de pays industrialisés, une forte diminution du nombre d’étudiants en sciences, et de ceux qui, au-delà de leurs études, entament un travail de recherche.» (toujours selon le rapport de l’UNESCO cité plus haut). Le Québec n’est ici pas épargné, loin de là. Il est urgent pour la société québécoise de réagir à cette crise de l’enseignement des sciences, et il est évident que cela passe par une implication massive du réseau universitaire autour de cette question. En effet, plus que jamais le rôle de développement, de valorisation et de diffusion des connaissances des universités prend ici toute sa pertinence. On doit en effet s’assurer de développer le pouvoir d’attrait pour les jeunes vers des carrières scientifiques par le biais d’actions sur plusieurs fronts. Cela passe très certainement par une beaucoup plus forte présence dans les médias des réalisations de groupes de recherche dynamiques québécois. Ces groupes existent d’ailleurs en nombres surprenants au Québec, et à l’UQAM on en compte plusieurs qui se retrouvent à la fine pointe de la recherche scientifique internationale: en mathématiques, en biologie, en chimie, en biochimie, en génie informatique, et en science de la terre. En plus d’une forte activité de recherche et de formation d’étudiants de tous les niveaux, ces groupes s’impliquent activement dans de multiples activités de vulgarisation (présence dans les médias, conférences grand public, etc), mais ce n’est manifestement pas suffisant. Le problème touche non seulement les scientifiques, mais les acteurs du domaine des communications, de l’enseignement, etc. Pour chacun de ces domaines, le manque le plus criant est, au premier chef, tout simplement le nombre de professeurs universitaires jeunes et dynamiques. L’état doit prêcher par l’exemple en montrant, par l’ajout d’un grand nombre de postes de professeurs, l’importance qu’il accorde au développement de l’infrastructure universitaire du Québec. Ce serait envoyer un message clair à toute la population du Québec, incluant les jeunes, sur l’importance de celle-ci, et sur l’importance d’oeuvrer dans le domaine.

    Lorsqu’on se met à penser qu’on n’aborde ici qu’une fraction de la sphère d’intérêt des universités, et que des problèmes tout aussi criants se retrouvent dans presque toutes ces sphères d’intérêts, on est forcé de conclure que l’avenir de la santé intellectuelle du Québec est fortement menacée. La solution du problème passe d’abord et avant tout par un réinvestissement massif dans notre système universitaire. Tous les professeurs des universités du Québec et toutes leurs administrations universitaires s’accordent sur cela. C’est là une conclusion à laquelle ils sont arrivés après une réflexion lucide et responsable, en tenant compte des besoins de toute la société québécoise. Le fait qu’ils arrivent aux mêmes conclusions que celles de rapports comme celui de l’UNESCO, est une marque du sérieux et du professionnalisme de leur réflexion. La grève des professeurs de l’UQAM s’inscrit dans cette démarche lucide et responsable, et même ceux qui ne croient pas qu’elle constitue une démarche idéale s’accordent avec les objectifs qu’elle vise. 

Dans ce contexte, la menace d’une loi spéciale pour forcer le retour au travail des professeurs de l’UQAM relève bien plus du conflit d’intérêt que d’une attitude responsable. C’est en effet le gouvernement lui-même qui bloque les négociations et cause le prolongement de la grève, en se basant sur une conception simpliste du rôle et de la mission des universités au sein de la société québécoise pour vouloir forcer une révision à la hausse de la portion enseignement de la tâche professorale, au détriment de la composante recherche. Cela est irresponsable pour l’avenir du Québec, et cela ne fera qu’empirer l’état du malade.

    François Bergeron, Département de mathématiques, UQAM.

  19. Bonjour le SPUQ!

    J’ai eu une petite idée est regardant le vidéo concernant le ‘Die in’ organisé par des étudiants de l’UQAM lors d’un évènement de mobilisation spontané à la station Berry-UQAM. (http://www.uqamengreve.com/videos/videos-etudiantes/)

    Voilà ce qu’il serait souhaitable de concocter:
    Le 21 avril prochain, date de l’échéance de la ministre Courchesne quant à sa loi-spéciale-dont-on-ne-doit-pas-dire-le-nom et du début de la session parlementaire, pourquoi ne pas mobiliser étudiants et professeurs et ce, en grand nombre, pour se rendre à Québec et paralyser le parlement en organisant soit un bed in (clin d’oeil à Yoko Ono et l’expo au MBAM qui attire un public très varié) ou tout simplement un die in. L’objectif est d’atteindre la population qui jusqu’à présent ne semble pas trop informé sur le conflit, en agissant avec l’actualité. Il faudrait distribuer aux parlementaires et aux journalistes présents des feuillets expliquant clairement les revendications des professeurs et des étudiants. Pendant le die in, la porte parole du SPUQ pourrait en profiter pour faire un long et pertinent discours au porte voix ayant pour thème:
    Vague de violence à l’UQAM dû à la crise économique, des étudiants et des professeurs venus mourir au parlement.

    Il faut que des actions significatives soient portées. Ce genre d’évènement sortirait de l’ordinaire et c’est ce type d’action qui est susceptible d’interpeller la population. Je craint que les petites manifestations organisées ces dernières semaines manquent de punch, nous sommes en train de nous fondre dans la masse syndicale de grévistes frustrés. Il faut agir avec humour et volonté, sans trop tomber dans l’arrogance. Pour acquérir un maximum de participants, il faudrait faire de la pub cette semaine et organiser un transport collectif. Le SPUQ prendra-t-il les moyens pour agir? C’est bien beau le débat intellectuel, mais pour avoir un réel appui dans la population il faut aller plus loin, sortir de Montréal et faire résonner – voire paralyser – le parlement!

    Merci de bien vouloir faire suite à cette suggestion,
    un étudiant dans un excès d’imagination mobilisatrice.

    • Bonjour M. Poulin,

      Entre deux lectures de votre commentaire et un visionnement des vidéos « mourantes » et symphoniques du site étudiant, j’ai fini par conclure que vous aviez là une MAUDITE BONNE IDÉE !!!

      Comme nous avons discuté ce matin d’une possible sortie vers Québec (en autobus confortables), je pense que le comité de profs chargé des « événements » devrait en tenir compte.

      Pour ma part, je préfère la formule de la mort annoncée… et j’ajoute, pour les collègues qui trouveraient ce commentaire incompréhensible, qu’il FAUT visionner les deux vidéos (sur le lien indiqué par M. Poulin) pour comprendre la portée possible et l’inventivité de nos étudiants!

      Dieu que je me sens vieux ce soir et que je m’ennuie d’être en classe…

      Martin Gagnon

      • Évidemment, je voulais dire que « je m’ennuie de NE PAS être en classe »…
        Martin G

  20. Cher Monsieur Clément,

    J’ai lu hier votre lettre au Devoir.
    Vous critiquez l’article d’Olivier Collin sur la grève à l’UQAM.
    Vous êtes en désaccord avec lui, c’est votre droit.
    Mais vos arguments sont malhonnêtes et démagogiques.
    Il n’y a pas de théorème dans l’article de Collin.
    Ce faux théorème que vous inventez est absurde.
    Croyez-vous flatter le lecteur en caricaturant le raisonnement mathématique?
    Manquez-vous d’arguments pour défendre votre position?
    Vous avez grandement besoin d’améliorer votre réthorique.
    Je vous conseille de lire le livre de Louis Cornellier:
    « L’art de défendre ses opinions » expliqué à tout le monde.

    André Joyal
    Département de mthématiques

    • Si vous trouvez la réponse de Mr Clément absurde, que dire de la lettre de Mr Collin ?

      Dire que les professeurs a l’UQAM devraient ne pas faire la greve, car habitués à etre payés moins, cela s’appelle du misérabilisme, et Dieu merci, il existe encore à l’UQAM, des gens qui sont contre cette philosophie, pres de 700 professeurs aux derniers sondage !

    • Cher Monsieur Joyal,

      Je crois bien que Madame Lord indique la voie qui permet de comprendre la réaction de Monsieur Clément(www.ledevoir.com/2009/04/11/245145.html): la lettre initiale de Monsieur Collin (www.ledevoir.com/2009/04/09/244633.html).

      Pour ma part, à la lecture de la lettre de M. Collin, je perçois en filigrane un certain mépris de l’opinion de plusieurs centaines de collègues comme si ce n’était que l’effet de « pep-up talks » et « rugissements de trompettes ».

      Je ne dis pas que c’est le sentiment de M. Collin mais je dis simplement que tout au long de sa lettre on a l’impression que son point de vue serait le seul valable pour comprendre la situation actuelle. Ce n’est malheureusement (ou heureusement ?) pas le cas…

      D’autre part, tout à fait théoriquement, je crois qu’il serait possible de prendre chacun des arguments de M. Collin et de démontrer qu’ils contiennent tous des éléments contradictoires.

      Je ne prendrai ici que l’exemple, en fin de lettre, d’un jugement positif envers la collégialité suivi d’une déception face aux lenteurs qu’elle engendre au niveau des initiatives personnelles à cause de l’implantation de cette collégialité à travers des mécanismes de consultation qui seraient trop lourds. Personnellement, je ne sais pas comment on peut implanter autrement la collégialité à moins de recourir à des mécanismes autoritaires…

      Cela dit, il est vrai que la collégialité a des effets pervers, dont celui de ralentir les initiatives individuelles; toutefois, elle a aussi l’avantage de concentrer les forces vives d’un groupe en les centrant vers des objectifs communs. Cela, sous une forme ou une autre, a toujours constitué la force et la faiblesse des institutions universitaires depuis près de mille ans.

      Je crois que cela caractérise bien l’UQÀM et je suis sincèrement désolé que M. Collin ne s’y sente manifestement pas à l’aise présentement.

      Martin Gagnon, professeur

  21. J’ai rédigé un commentaire sur le site du spuq en grève le 7 avril 2009 concernant la possibilité d’une loi spéciale avant même les propos de la Ministre de l’éducation le 9 avril 2009. Les propos de la Mme Courchesne se concentrent sur l’hypothèse d’une intervention gouvernementale par rapport au conflit actuel. En matière de relations du travail, il est de loin préférable d’avoir une entente négociée. Lors des deux premières assemblées du SPUQ , j’ai mentionné cette option très plausible d’un décret gouvernemental. Ma façon de voir les choses n’est pas plus valide qu’un autre. On ne brasse que des idées !! Si je me trompe dans le résultat du conflit, je serai le premier à admettre que mon analyse a été erronée (je ne suis pas orgueilleux !!).

    Je valorise d’abord une entente négociée mais je ne vais pas exclure actuellement cette loi spéciale (la ministre souligne que sa priorité concerne la validité de la session et les étudiants. La grève des étudiants a très peu de poids pour le Gouvernement dans le contexte de notre conflit. Dans quelle mesure les votes de grève étudiante représentent adéquatement tous les étudiants de l’UQAM constituent une problématique distincte de notre conflit). Je suis sensible aux conséquences de cette loi spéciale sur l’après-conflit sur le plan des rapports collectifs du travail et la gestion quotidienne de l’université

    Je désire remercier mes collègues Denis Réale et Jean Lévesque pour leurs réactions constructives et approfondies à l’égard de mon analyse. Je suis entièrement d’accord avec les revendications des professeurs. Les nombreuses opinions sur le site du spuq en grève sont riches et valides. L’analyse des problématiques par mes collègues est d’une qualité exceptionnelle. Je ne suis pas en désaccord avec le fait de faire la grève pour les principes ou l’honneur dans la mesure où les professeurs se battent pour gagner. Mais faire une grève lorsque les gains anticipés sont pauvres, disons que l’investissement est coûteux pour les professeurs. On ne peut pas reculer… selon certains collègues mais la loi spéciale est à nos portes s’il n’y a pas d’entente négociée! J’espère que le SPUQ va offrir des bonnes nouvelles à la prochaine assemblée (si je me suis trompé, je vais d’emblée le reconnaître).

    A moins d’un changement important dans la trajectoire du conflit, je vais maintenir mon point de vue concernant le faible rapport de force du SPUQ dans la conjoncture actuelle (économique et politique) et à la lumière des retombées du fiasco financier. C’est une question de capacité de payer du Gouvernement. Le SPUQ a raison de discuter des enjeux de la négociation (salaire, l’embauche des professeurs, la charge de travail du professeur) et du problème de sous-financement de l’UQAM ou des universités québécoises. Il est vrai qu’il y a une relation étroite entre ces deux dimensions. Selon moi, il est plus approprié de se concentrer d’abord sur les enjeux de la négociation. Le sous-financement de l’UQAM représente une problématique qui ne relève pas de la négociation collective. Je suis entièrement d’accord avec la Ministre Courchesne sur cet aspect. Le SPUQ intervient simultanément dans les champs des relations du travail et de la sphère du sous-financement. Le morceau est gros. Pourquoi ne pas y aller de façon séquentielle ? En matière de sous-financement, l’idée d’un front commun réel avec les autres universités québécoises semble pertinente. Le SPUQ ne peut pas à lui seul faire ce travail colossal (voir ma note du 7 avril 2009). L’augmentation des frais de scolarités représente une des solutions possibles à cette problématique du sous-financement des universités québécoises. Le gouvernement fédéral peut potentiellement injecter des fonds supplémentaires (en lien avec le discours de Gilles Duceppe lors d’une manifestation). Sur le plan stratégique, est-ce qu’il n’aurait pas été mieux d’abord de se concentrer sur le sous-financement et régler ensuite nos revendications ? De là mon idée dans ma note du 7 avril de prolonger la durée de la convention collective (et aussi pour des raisons économiques).

    Au-delà de mes opinions personnelles, la ministre Courchesne ouvre le dialogue sur l’enjeu de la gestion de l’université et de son sous-financement (implicite dans cette affirmation, c’est que la ministre désire la pérennité de l’UQAM). Le SPUQ devrait tendre la main dans ce sens. La présidente du SPUQ souligne en assemblée générale que la ministre est une alliée. Par conséquent, que notre présidente puisse agir comme un modèle et dialoguer dans le sens de la ministre (régler d’abord la négociation et ensuite discutons du sous-financement). En ce qui concerne nos propres revendications salariales et l’embauche des professeurs, les acteurs sont sensibles à nos préoccupations. Je pense sincèrement que nous obtiendrons ce que nous désirons mais progressivement. Le SPUQ doit être réaliste dans son échéancier (compte tenu du contexte économique, social et politique).

    Selon moi, malgré les nombreuses imperfections de l’offre finale antérieure, cette démarche ouvrait diverses possibilités en matière de négociation. En ce qui concerne la charge de travail du professeur, le SPUQ n’avait qu’à faire une démonstration éloquente de l’ampleur de nos tâches pour dénouer l’impasse (le SPUQ possède les outils à cet effet). Il faut parfois mettre de côté l’orgueil académique pour résoudre le conflit. Actuellement, l’enjeu de l’organisation du travail est au centre de la négociation des professeurs dans de nombreuses universités québécoises. Quels sont les progrès que le SPUQ va obtenir avec une loi spéciale par rapport à l’offre finale (si elle est toujours sur la table !) ? Un gel de nos conditions de travail ou un retour à la case départ avec l’offre finale ou une négociation continue ? Au retour du conflit, nous observerons une diminution significative du nombre d’étudiants (sur le plan des nouvelles admissions) et après on parle de relance de l’UQAM ? J’aime l’UQAM mais l’incidence négative de notre grève sur la clientèle étudiante est réelle et me préoccupe.

    Les syndicats de la fonction publique réclament un rattrapage salarial (comme nous) selon les nouvelles du 9 avril 2009. Le Conseil du trésor est très prudent à l’égard d’une telle demande. Il peut l’être autant avec nos propres demandes. Les professionnels de la santé sont sous-payés, les fonctionnaires sont sous-payés par rapport au secteur privé et nous sommes sous-payés. La problématique est essentiellement financière pour le Gouvernement.

    Je souhaite ardemment une entente négociée à la satisfaction des parties tout en tenant compte de la capacité de payer de notre institution ainsi que d’une volonté des acteurs d’assurer la pérennité de l’UQAM. Chaque professeur désire que les revendications soient comblées mais une analyse pragmatique de la situation est requise. Dans l’hypothèse d’une loi spéciale, le SPUQ va indiquer d’emblée que le bouc émissaire est le Gouvernement.

    Enfin, je trouve épouvantable que l’on puisse illustrer notre recteur en tant qu’agent immobilier (dans le journal Métro). Je rappelle que Claude Corbo a sauvé l’UQAM de la «faillite» avec ses problèmes immobiliers – que nous soyons en faveur ou pas des orientations de notre recteur.

    En somme, le conflit est soumis à diverses interprétations qui suscitent un débat de fond et cette trajectoire est nécessaire. Le conflit a permis de créer des liens d’amitié, d’amplifier la chaleur humaine et la solidarité entre les professeurs. Je félicite le SPUQ pour son site qui représente un véhicule exceptionnel de communication. Elle devrait utiliser un tel canal pour rehausser l’image de marque de l’UQAM auprès des étudiants potentiels après le conflit. Il faut l’admettre, la direction et le SPUQ devront travailler en étroite collaboration pour accroître les atouts concurrentiels de l’UQAM ainsi que l’image de marque de l’UQAM après la grève.

    Denis Morin

    Professeur de gestion des ressources humaines

    • Bonsoir Denis,
      Tes arguments sont intéressants et quelquefois convaincants…
      Mais je reste avec le sentiment d’une analyse très circonscrite de la situation.
      Au fond, mardi matin et-ou après une loi spéciale, nous n’aurons pas perdu plus que quelques dollars. Toutefois, s’il y a une entente négociée que mes collègues du Comité de négociation me disent acceptable nous aurons gagné quelque chose. De même, si notre gouvernement (gouverne-t-il ?) nous impose une loi spéciale, il en portera l’odieux et les conséquences lors de prochaines élections.
      Au total, comme plusieurs le disent, qu’un gouvernement dépense 300 millions pour un casino (sans parler du toit du stade qui constitue une dépense « récurrente » depuis 40 ans…) et offre une augmentation de 25% aux médecins (il y a à peine quelques mois) m’encourage à penser que la solution à nos problèmes passe par l’autorisation d’imprimer des « gratteux » et par une campagne massive auprès des médecins (omnipraticiens et spécialistes) pour les inciter à s’acheter un « prof d’université » tout en considérant que ce pourrait être déductible d’impôts… Enfin, nous serions vraiment dans un système « ouvert » où les meilleurs gagneraient !
      Mais, ton opinion et la mienne ont fort peu d’importance puisque tout se décidera au vote mardi prochain.
      Pour ma part, sur la base de ce que nos experts-professeurs-négociateurs exposeront, je crois qu’il faut massivement voter pour ce qu’ils considéreront nécessaire.
      Salut bien Denis M. et à mardi!
      Martin GAGNON, professeur
      Département d’éducation et pédagogie

  22. Je suis étudiante à l’ESG et je vous transmet deux questions que j’entends souvent dans mes classes:

    Premièrement, vous nous demandez de vous appuyer dans votre démarche, puisque plusieurs de vos revendications améliorerons la qualité de l’enseignement, mais nous nous demandons si la direction vous offrait le fameux rattrapage salarial (bien mérité) de 10-11%, aller vous continuer de tenir votre bout pour les autres demandes (nouveau professeurs)?

    Deuxièmement, j’aimerais savoir si les négociations continuent durant la longue fin de semaine, ou est-ce que tout tombe au neutre pour les 4 prochains jours?

    Merci et bonne chance encore dans votre démarche!

    • Bonjour Véronique,

      En réponse à vos deux questions :
      – les deux principales revendications des professeurEs demeurent les mêmes, soit l’augmentation du corps professoral de manière très significative et un rattrapage salarial;
      – nous sommes actuellement en réunion de travail et rencontrerons la partie patronale ce vendredi 10 avril 2009 en après-midi.

      Merci pour vos encouragements !

      Léa Fontaine,
      Au nom du Comité de négociation du SPUQ

  23. UQAM, TOP SECRET

    Devant la difficulté d’obtenir des médias une couverture qui rend justice à nos revendications, nous, professeurs grévistes de l’UQAM, devrions changer radicalement notre stratégie de communication. Je propose que dorénavant nous nous drapions de l’aura d’un mystère obscur qui ne saurait que titiller les journalistes d’enquêtes. À partir de maintenant il faut apposer la mention TOP SECRET sur toutes nos revendications, de la plus fondamentale à la toute simplement normale. TOP SECRET l’urgence de redynamiser l’UQAM par l’engagement d’un nombre significatif de nouveaux jeunes professeurs. TOP SECRET l’importance pour le Québec de conserver la capacité des professeurs de consacrer une partie substantielle de leur tâche à la recherche. TOP SECRET la revendication d’un certain rattrapage salarial, quelqu’il soit. Il faut désormais déchiqueter nos tracts avant de les distribuer dans de petits sacs. Il faut enduire de peinture noire nos pancartes et bannières pour en cacher les slogans. À partir de maintenant, nos manifestations se feront les nuits sans lune, dans le silence le plus absolu. Chers journalistes, nous ne parlerons plus, même sous la torture extrême.
    Même si vous mentionnez encore une fois le scandale de l’Îlot Voyageur, sans souligner la grande responsabilité gouvernementale, nous ne parlerons pas. Même si vous continuez de faire état des menaces de loi spéciale de la part du gouvernement, sans mentionner que c’est ce gouvernement là qui bloque la négociation, nous resterons cois. Même si vous continuez à vous acharner à réduire nos revendications à un simpliste rattrapage salarial, nous resterons impassibles. Même si vous évitez de mentionner le support unanime de tous les partis de l’opposition autant provincial que fédéral (sauf peut-être l’ADQ), ou encore la sortie bien sentie de Guy Rocher (de la commission Parent) en faveur d’un réinvestissement nécessaire dans l’UQAM, nous resterons de marbre. Messieurs les journalistes, à partir de maintenant notre mot d’ordre sera «Motus et bouche cousue».

    sioçnarF noregreB, tnemetrapéD ed seuqitamétaM, MAQU

    P.s.: Merci à ma compagne eivlyS pour m’avoir suggéré cette façon de voir les choses.

  24. AVIS À TOUS

    Les bulletins de nouvelles viennent d’annoncer que la ministre Courchesne laisse 10 jours afin d’arriver à une entente, sans quoi elle imposera une loi spéciale.

  25. Bonjour,

    Je suis étudiante en Certifcat en journalisme à l’université de Montréal.

    Je m’intéresse à la couverture médiatique de la grève à l’UQAM.

    J’aimerais savoir ce que les professeurs de l’UQAM ont pensé de la couverture médiatique, l’ont ils trouvé mauvaise ou
    partiale comme on a pu le voir la semaine passée en France avec des professeurs d’universités qui ont critiqué la couverture du journal Le Monde.

    J’aimerais savoir si, éventuellement, un professeur pourrait répondre à mes questions. Je laisse mon adresse mail. Je vous remercie.

    Sincères salutations.

    Fella Adimi

  26. 40 ans de l’UQAM: faits saillants

    A propos l’annonce sur site web sur les 40 ans de l’UQAM que vient de diffuser la direction (http://www.40ans.uqam.ca/page/accueil.php), il manque un « fait saillant » de l’histoire de l’UQAM: LA GRÈVE DES PROFESSEURS de 2009, sur le renouvellement de leur convention collective, la revendication de leur dévouement par rapport à l’UQAM et la demande d’un réinvestissement massif pour cette université. Il serait important de corriger cette lacune.

    Denis Réale
    Sciences biologiques

  27. J’ai une question.

    Soit X le nombre de départs à la retraite chez les professeurs durant les 3 prochaines années.

    Lorsque le SPUQ (avec le S qui pousse sur le P qui pousse sur le U qui pousse sur le Q) demande 300 nouveaux professeurs sur une période de 3 ans disons, est-ce qu’il demande:

    1) d’embaucher 300 nouveaux professeurs, ce qui donnerait au bout de 3 ans un nombre de profs additionnel net de 300 – X,

    ou

    2) d’embaucher 300 + X nouveaux professeurs, ce qui donnerait au bout de 3 ans un nombre de profs additionnel net de 300?

    S’il y a par exemple X=150 retraites dans les 3 prochaines années, les 2 interprétations donnent des résultats sensiblement différents. Au 1er juin 2008, il y avait 416 professeurs sur 974 agés de plus de 55 ans.

    • – Dans les 3 prochaines années, il y aurait a priori 120 departs a la retraite, au maximum, d’apres les chiffres de l’APV-UQAM, Association des Professeurs Vieillissants de l’UQAM.

      – Depuis quelques temps deja, les departs a la retraite ne sont pas remplacer systématiquement.

      • Si on compte en moyenne 40 départs à la retraite par année (environ 416 sur 10 ans), cela veut dire que pour maintenir le nombre de professeurs au chiffre actuel d’environ 1000, les 200 premiers nouveaux postes étalés sur 5 ans ne servent qu’à compenser les 200 départs à la retraite prévus sur cette même période.

        Si on obtient 250 nouveaux professeurs sur 5 ans, on augmente le corps professoral à environ 1050, une augmentation nette de 50 si on tient compte des 200 départs à la retraite. En moyenne, un département de 40 professeurs passerait à 42 au bout de 5 ans.

        Si la relance de l’UQAM passe par le nombre de nouveaux professeurs, on parle alors d’une petite relance avec ces chiffres. Je vois très mal comment on pourrait accepter un nombre plus bas que 250 nouveaux professeurs sur 5 ans.

      • Je me demande quels sont ces départements de l’UQAM, qui ont un besoin de 4 nouveaux professeurs par année pendant 5 ans ?

        Car si j’ai bien compris, les 250 ou 300 professeurs demandés, sont en plus des remplacements des départs en retraite.

  28. Bonjour !

    Je commençais tranquillement à me convaincre que la grève des profs aurait quelques chose de bien lorsque des étudiants ont décidés d’investir les locaux de l’université et tout récemment les bureaux de la ministre Courchesne en revendiquant une réinvestissement massif dans l’éducation. Ce que je craignais le plus de cette grève c’est finalement réalisé: certains ont dépassés le but premier de ces revendications soit l’appuie aux profs et la tentative d’aide à notre université. Les quelques étudiants qui se sont servis de la situation de grève pour jouer au socialiste on, je pense, miné un peu les tentatives du SPUQ. En espérant que ces actions n’affecte pas trop les négociations du SPUQ.
    Bonne chance dans vos négos en espérant vous revoir en classe bientôt.

    • Je voudrais juste mentionner que les revendications du SPUQ ne se ferons pas justement sans un réinvestissement massif dans l’éducation. Je trouve bizarre de condamer les revendication des étudiants (réinvestissement masssif, 300 profs et gouvernance collégiale) mais d’appuyer celles des professeurs (salaires plus hauts, 300 profs et gouvernance collégiale)…Car si vous vous fiez aux médias biaisés pour vous informer, c’est sur qu’on peut y voir que les étudiants revendiquent la gratuité scolaire cependant dans leur communiqué de presse, les occupants ont clairement énoncé leurs revendication : http://www.cmaq.net/node/32524.

      Vous avez certes ne pas approuver les moyens mis en place par les étudiants pour ce faire entendre cependant n’aller pas affirmer que nous avons dépasser l’appui aux profs et l’aide à notre université. D’ailleurs, quand est-ce que les étudiants vont penser un peu plus loin des revendications syndicales et commencer à réaliser que le réinvestissement dans l’éducation (et donc dans l’UQAM) ne passera qu’en partie par les négos entre le SPUQ et l’UQAM.

  29. Louis Pasteur appuie la grève :
    Le célèbre scientifique français, et pionnier de la microbiologie Louis Pasteur a revêtu la célèbre écharpe orange au couleurs de la grève du SPUQ: «Le gouvernement ne réussira pas à stériliser la recherche, l’enseignement et les services à la communauté à l’UQAM. Il n’y a qu’un vaccin pour la rage que nous ressentons: des conditions salariales comparables aux autres universités et des effectifs professoraux qui assurent la qualité de la formation des étudiants!»

  30. Lettre ouverte aux recteurs et principaux des universités du Québec.

    Réinvestissement gouvernemental dans les Universités Québécoises

    La situation qui prévaut présentement à l’UQAM, et qui a mené à la grève des professeurs de cette institution, n’est certainement pas un phénomène isolé qui ne dépend que du fiasco de l’Îlot Voyageur. C’est le résultat d’une longue détérioration dans le financement de toutes les Universités du Québec, et plus particulièrement de l’UQAM. Nous sommes tous interpellés par cet état de choses, et les problèmes auxquels est confrontée l’UQAM aujourd’hui sont aussi ceux auxquels sont (ou seront bientôt) confrontés les autres universités. Il n’y a pas de doute que la solution nécessite un réinvestissement massif du gouvernement dans notre système universitaire. Il apparaît aussi comme évident que la CREPUQ doive encore une fois réaffirmer cette nécessité. En ce sens, il serait tout à fait opportun qu’elle donne un appui fort et clair aux revendications des professeurs de l’UQAM, tout en soulignant que ces revendications recoupent l’esprit plus large des revendications de toutes les universités québécoises. Il ne faut pas s’enfermer dans une vision bêtement compétitive, mais plutôt penser au bien commun du Québec. Toutes les Universités ont à gagner d’avoir à leur côté des partenaires forts et dynamiques. Nous avons d’ailleurs mainte fois démontré la force de la collaboration entre nos institutions, lorsque vient le temps de développer de grands projets de centres de recherche avec une présence internationale de premier plan. Perpétuer une futile compétition entre nous, pour les trop maigres ressources mises à notre disposition par les deux paliers gouvernementaux, ne peut qu’avoir des effets délétères pour tous. Je vous enjoins à communiquer rapidement à notre gouvernement votre appui clair sur le fond des revendications des professeurs de l’UQAM. Il est compréhensible que ce ne puisse être que l’administration de l’UQAM qui pose ce geste, puisqu’elle se placerait alors dans une position d’isolement, par contre la démarche est beaucoup plus naturelle et a beaucoup plus d’impact si elle provient unanimement de vous tous.

    Merci d’avance pour le Québec de demain, François Bergeron, Professeur au département de mathématiques, UQAM

  31. Bonjour,

    La section de Montréal du Parti socialiste français est préoccupée par l’avenir de l’UQAM et apporte son soutien à la communauté de l’UQAM.

    http://www.ps-montreal.org/ps-montreal-preoccupe-avenir-uqam

    Amitiés,

    Franck Scemama
    secrétaire de la section de Montréal du Parti socialiste français

  32. Je voudrais attirer votre attention sur l’initiative étudiante qui a eu lieu la nuit dernière, à savoir l’occupation du deuxième étage du Pavillon Aquin afin que l’UQAM prenne position en faveur d’un réinvestissement massif dans l’éducation, la création de 300 nouveaux postes des professeurs et d’une gestion collégiale de l’Université. Alors que plusieurs se posent des questions sur la suite de la grève, cette action démontre que plusieurs sont prêts à aller loin afin d’obtenir un semblant de justice.

    Vers 2h45 l’antiémeute a réussi à pénétrer la zone d’occupation et arrêter les 45 personnes présentes. Les étudiant(es) arrêté(es) auront besoin d’appui tant moral que financier pour faire face à plusieurs chefs d’accusation (notamment de méfaits de plus de 5000$ et de voie de fait d’intrus).

    Pour plus d’information sur le déroulement de la soirée, visitez le blog : http://occupationuqamlive.blogspot.com/

    La grève continue !

    • Monsieur H,

      votre analyse de la situation est malheureuse.

      Alors que les professeurs tentent de faire valoir leurs revendications, ces étudiants — et j’utilise le terme très légèrement–, qui ne veulent rien de plus qu’une petite place dans la lumière, n’arrivent à rien d’autre qu’entacher encore plus la réputation de l’université.

      L’initiative étudiante ne devrait-elle pas aider les professeurs au lieu de leur voler l’attention?
      Étudiants universitaires, n’avez-vous donc rien de plus créatif et élevé à nous offrir qu’une nuit de grabuge?
      Que faites-vous de concret pour faire avancer leur revendicatoins? C’est précisément ce pourquoi les étudiants ou déclenché une grève, non?

      Alors que vous considérez que les auteurs de cette honteuse situation tentaient d’arriver à la justice, j’espère de tout coeur que c’est la justice qui arrivera à eux.

      • Petites corrections M. David, les étudiant-e-s présent-e-s au pavillon H.-A. n’étaient pas là pour «voler l’attention aux professeurs». Bien au contraire, les revendications de ce groupe appuyaient celles des professeurs : http://www.cmaq.net/node/32524. Malheureusement, les médias ont momentanément perdu contact avec la réalité et ont surgi de nulle part une revendication pour la gratuité scolaire, alors qu’il n’en est aucunement question dans le communiqué qui a été envoyé aux médias!!!! Pour ce qui est du grabuge, lequel? Cela s’apparente plutôt à une tentative de l’UQAM pour diviser le mouvement actuel, ce qui semble bien marcher si j’en crois vos commentaires. Seuls quelques meubles ont été bougés afin de bloquer des portes, ce que vos représentants de la justice ont même corroboré: http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/faitsdivers/3372-uquam-etudiants-arrestations.
        Il serait important de s’informer avant de jeter la pierre aux étudiant-e-s qui appuient les revendications des professeurs à leur manière…. diversité des tactiques ça vous dit quelque chose!!
        Pour ce qui est de cette justice dont vous parlez, celle-là même qui bafoue nos droits fondamentaux par l’émission d’un petit bout de papier, je n’émettrais pas de commentaires par peur de dire des gros.

      • David,

        La réputation de l’université est plus entachée par l’intransigeance de l’administration, qui nous fait croire que toutes les activités devraient se dérouler normalement malgré toutes les grèves, que par des actions militantes d’étudiants actifs.

        La réputation de l’université est également plus entachée par la répression politique et policière (injonction, arrestations) qu’elle décide d’utiliser plutôt que d’être à l’écoute de ses salariés et de sa communauté.

        Je fais aussi remarquer que l’initiative étudiante aide tellement les profs que non seulement leur piquetage devient d’une facilité déconcertante (plus facile quand les étudiants en grève lèvent leurs propres cours), mais que chacune des actions des étudiants militants leur offre de la publicité gratuite.

        http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/education/200904/07/01-844236-manifestation-a-luqam-45-etudiants-arretes.php
        Cet article en est un bon exemple. Pour quarante-cinq personnes qui ont eu des charges contre elles, se sont les profs qui ont eu de la visibilité souhaitée. Le tout sans qu’aucun d’entre eux n’ait été troublé dans son sommeil… C’est tu pas beau la solidarité à sens unique!

        Si nous pouvons penser que ces étudiantes et étudiants qui militent activement sont d’une triste naïveté, il ne faut pas oublier le contexte général : une négociation entre parties patronales et salariés a servi à encourager des étudiants à penser qu’un front commun pouvait être établi dans le but de se battre, en particulier, pour l’université que nous aimons tous et, en général, contre la marchandisation de l’éducation.

        Là dessus je vous invite à lire le texte d’Émilie dans la page de commentaire qui suit, ça va peut-être vous éclairer.

        VGV

      • Commentaires d’actualité sur la lettre ouverte de Mme Johanne Villeneuve https://spuqengreve.wordpress.com/2009/04/08/de-la-honte-et-du-mepris-en-education-le-gouvernement-charest-et-les-professeurs-de-luqam/ et sur la réplique de « David » au commentaire de M.« H ».

        Mme Villeneuve, vous écrivez :
        « Pour tout dire, le sentiment que partagent bon nombre de mes collègues dans la poursuite de cette grève oscille entre la consternation et la honte ».

        Je ne doute pas de la sincérité de vos intentions, mais laissez-moi vous rappeler un adage qui compte dans notre situation qui en est une de rapport de forces : toute vérité n’est pas bonne à dire. Que la consternation ou la honte accablent les militants en pleine mobilisation, cela doit rester privé, si j’ose dire. Car vous offrez sur un plateau d’argent un constat utile pour nos opposants qui pourraient penser que nous sommes sur le point de nous enliser existentiellement et être tentés tout un chacun de fuir la situation plutôt que de s’y engager davantage. C’est d’autant plus dommageable que l’on sait à quel point nos dirigeants ne nous trouvent exemplaires en rien et que plusieurs ont du ressentiment à l’égard des intellectuels — un réflexe de la droite conservatrice canadienne qui contamine notre gouvernement libéral québécois ( peut-on en être surpris ?). Par-dessus tout, le sens commun sait que la plupart de nos politiciens n’affiche publiquement des mines consternées que par opportunisme et certainement jamais on ne les verra exprimer la moindre honte, et pour plusieurs on peut penser qu’ils n’en éprouvent jamais.

        J’ajoute que d’affirmer que la consternation et la honte soient vécues sur le fond de l’étonnement de n’avoir rien vu venir, de ne pas savoir comment « nous en sommes arrivés là » confirme encore la pente fatale sur laquelle notre gouvernement veut nous voir glisser : l’aveu de notre impuissance même à prendre au sérieux la guerre de basse intensité qu’il nous livre. Serons-nous dupe de l’indifférence stratégique du gouvernement, cette opération « Shock and Awe » formatée pour la guerre aux professeurs d’université qui ont la saine habitude de réclamer le regard de l’autre dans l’espoir d’affiner leur propre savoir? J’aimerais rappeler en tout cas qu’il y a une quantité non négligeable de professeurs de l’UQAM qui a vu depuis longtemps que ce n’est pas quelques atavismes québécois ou leur dépassement qui peuvent nous faire échapper à l’efficacité tenace de l’idéologie néolibérale sur nos institutions juridico-politiques, sur notre expérience politique et culturelle jusqu’à l’échelle existentielle ; sans parler de la force massive et structurante du capitalisme contemporain comme telle. Une puérilité encore compréhensible autrefois n’a plus d’excuses aujourd’hui, dites vous… encore faudrait-il s’entendre sur le fait qu’il s’agit bien de puérilité hier comme aujourd’hui. Mais je propose quelque chose de plus direct et qu’il est difficile de contester : nos dirigeants ne sont pas des gens puérils mais les agents mortifères des puissances de l’argent contre la compréhension du politique dans le politique.

        Passons donc de la consternation et de la honte sur fond d’incompréhension — feinte ou réelle — à l’action résolue au sein du rapport de force dans lequel nous sommes engagés et auquel nous pouvons contribuer nous-mêmes de manière plus éclatante. Si le gouvernement se donne le droit aux feintes, aux fausses promesses, aux mensonges par omission, aux menaces voilées, etc. par le biais des médias pourquoi ne pourrions nous pas nous aussi faire preuve de ruse. Dans le rapport de force, que la raison soit de notre côté est un atout. Mais elle ne peut rien contre la bêtise sans le secours de la ruse qui incidemment doit être prête à faire flèche de tout bois. Il me semble qu’il est nécessaire d’être prêt en tout temps à inventer notre complicité avec des événements qui veulent ou simplement peuvent servir notre cause. N’hésitons pas à faire usage du sens de la rumeur et de l’événement nous aussi. Je vous invite à prendre connaissance de l’inventivité, de la concertation et de la ténacité des professeurs et des étudiants dans la grève contre la loi sur la réforme universitaire en France, grève qui a commencé bien avant la nôtre et qui paralyse en tout ou en partie 25 universités.

        Chez nous, une belle occasion manquée a été celle des arrestations abusives d’étudiants il y a quatre jours à l’UQAM. On pourra le constater en lisant la réaction — du reste bien remise à sa place — de M. David à M. H. dans la rubrique « commentaire ». M. H. qui cherchait l’appui du syndicat au profit des arrêtés, s’est fait répondre en gros que ceux-ci faisaient écran à la bonne cause par la puérilité de leur action. Indépendamment, du fait qu’il s’agit là d’une mesquinerie à la portée de tous et très souvent pratiquée par nos dirigeants d’ailleurs, on constatera que la consternation et la honte sont bel et bien les affects fondamentaux de M. David, cette fois tournés contre nos alliés plus qu’objectifs. N’y avait-il pas quelque chose d’autre à réaliser comme enchaînement sur ces arrestations?

        Il est temps que nous faisions preuve d’un peu plus d’imagination et de ruse, chers professeurs, même s’il faut pour cela un peu de colère.

        En avant! — mais évidemment avec le sens de la surprise qui suppose la prudence du secret.

        P.S. Au moment où j’écris ces lignes, un journaliste du site de Radio-Canada, rapporte que Madame la Ministre Courchesne nous donne encore 10 jours pour être « responsable » sinon, dit-elle, le gouvernement devra « prendre ses responsabilités ». Faisons voir à l’opinion publique combien nous pensons que c’est le gouvernement qui jusqu’à présent est plus qu’irresponsable et que le fait qu’il s’apprête à se montrer autoritaire est l’expression de sa persistance sur cette voie. En dix jours, il peut se passer encore beaucoup de choses qui pourraient permettre de braquer la lumière sur la mauvaise foi de notre gouvernement.

    • Bonjour,

      L’organsime Au bas de l’échelle, tient à communiquer sa solidarité et son appui aux professeurs en grève.

  33. Est-ce qu’il y’a un risque que la session soit annulée!!
    Si oui,avez vous pensé aux chamboulements que cela pourrait nous causer?

    • En fait, la session sera probablement prolongée. En ce qui concerne les modalités de prolongation et de reprise des cours, personne n’est au courant de quoi que ce soit de précis pour le moment. On devra attendre la fin de la grève pour ça.
      Bon courage à nous tous!

  34. Bonjour,
    Vous trouverez ci-après copie de la lettre que j’ai envoyée au député libéral Gautrin.

    Montréal, le 7 avril 2009

    M. Henri-François Gautrin
    Député de Verdun

    Objet : Prenez position pour l’UQAM

    Monsieur le député,

    Je suis citoyenne de Verdun depuis 2002 et professeure à l’Université du Québec à Montréal depuis 2004. Par la présente, je m’adresse à mon député et à l’universitaire que vous êtes.

    Les professeurs de l’UQAM ont voté massivement (à 91%) la reconduction de la grève pour une cinquième semaine, jusqu’à la prochaine assemblée générale le 14 avril 2009. Sans contrat de travail depuis mai 2007, les professeurs demandent le règlement de leur convention collective.

    Avec le plus faible ratio professeurs/étudiants de toutes les universités québécoises, les professeurs de l’UQAM revendiquent l’embauche de 300 nouveaux collègues pour mieux contribuer à la formation des étudiants aux trois cycles et pour accroître la recherche. Avec des salaires de 10% inférieurs à la moyenne nationale (sans parler de l’écart avec la moyenne des universités montréalaises) les professeurs de l’UQAM travaillent aussi fort sinon plus que leurs collègues des autres universités dans leurs tâches d’enseignement, de recherche et de services aux collectivités. Les professeurs de l’UQAM ont fait le choix de cette institution pour embrasser sa mission de démocratisation et d’accessibilité, mais aussi pour contribuer à la gestion collégiale qui fait sa spécificité et qu’ils souhaitent défendre.

    Cette grève ne se résume toutefois pas à la question des salaires et des conditions de travail des professeurs. Cette grève concerne plusieurs dizaines de milliers de personnes, fières de participer à la vitalité de l’UQAM. Depuis quelques semaines en effet, plus de 30 000 étudiants ont voté la grève, par la voie de leurs associations étudiantes, en appui aux revendications du corps professoral de l’UQAM. Professeurs, étudiants, employés-étudiants, employés de soutien et chargés de cours : toute la communauté uqamienne se mobilise pour exiger du gouvernement libéral un réinvestissement massif à l’UQAM afin de régler le problème de sous-financement chronique dont elle souffre depuis de trop nombreuses années.

    Enfant de la Révolution Tranquille, l’UQAM a fait sienne la mission d’accessibilité et de démocratisation des études supérieures pour les francophones lors de sa fondation en 1969, au moment où vous-même deveniez professeur à l’Université de Montréal avant d’y présider le syndicat des professeurs. Quarante ans plus tard, le rôle de l’UQAM est toujours crucial pour préserver l’équilibre linguistique des études universitaires en français à Montréal. L’UQAM est une jeune université, mais elle jouit déjà d’une réputation internationale par l’excellence de la recherche et de la création de ses professeurs et de ses diplômés. Les fonctions que vous avez occupées depuis une vingtaine d’années au FCAR ou dans l’opposition officielle en matière de recherche universitaire ont dû vous permettre de l’apprécier.

    Le dossier de l’UQAM est complexe et éminemment politique. La direction de l’UQAM n’a apparemment pas le mandat de négocier la convention collective des professeurs puisqu’elle aurait les mains liées par le Ministère de l’Éducation (du Loisir et du sport) [sic]. L’UQAM serait donc en « tutelle » ? La Ministre Courchesne démontre un entêtement à maintenir les professeurs et les étudiants de l’UQAM dans les pires conditions de travail et d’études universitaires au Québec et à les pénaliser pour les dérives immobilières dont ils ne sont aucunement responsables. En outre, la Ministre Courchesne semble tout ignorer du fonctionnement d’une université et de la tâche d’un professeur d’université qu’elle s’obstine à vouloir réexaminer pour l’augmenter. Avec son projet de loi sur la gouvernance, la Ministre Courchesne semble concevoir l’université comme une entreprise à générer des profits dont on confie l’administration à des gestionnaires, parfois sans diplôme universitaire, qui ne connaissent même pas la réalité du monde académique.

    Le mouvement de grève que nous connaissons à l’UQAM dépasse largement le cadre d’un conflit de travail entre un groupe de salariés et son employeur. Il s’agit plutôt d’un mouvement de solidarité visant à préserver une institution absolument fondamentale au développement et à la prospérité de la société québécoise.

    En tant que député du gouvernement Charest, vous avez le pouvoir de défendre et d’appuyer à l’Assemblée nationale les revendications des professeurs de l’UQAM et d’exiger de régler, une fois pour toutes, son problème de sous-financement. Je vous enjoins à le faire, pour le présent et l’avenir de la nation québécoise.

    En vous remerciant par avance de votre sollicitude, je vous prie d’agréer, monsieur le député, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

    Peggy Davis
    Professeure
    Département d’histoire de l’art

    PS. Je joins à la présente, une lettre qui sera publiée dans les journaux à la fin de cette semaine, que je vous invite à signer dès maintenant et à me retourner rapidement si vous désirez prendre position pour l’UQAM et lui témoigner publiquement votre appui.

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