Lettre à la ministre de la Justice, députée de Notre-Dame-de-Grâce

Notre-Dame -de-Grâce
19 avril 2009

L’honorable Kathleen Weil
Députée de Notre-Dame-de-Grâce
Ministre de la Justice,
Comité ministériel du développement social, éducatif et culturel

Objet : situation de crise à l’Université du Québec à Montréal (UQAM)

Madame la ministre,

Nous vous écrivons en tant que citoyennes, citoyens de votre circonscription et professeures, professeurs à l’UQAM. Nous sommes extrêmement préoccupés par la crise dans laquelle est plongée notre université. Nous vous demandons de faire entendre notre voix au sein du caucus du Parti Libéral et du Conseil des ministres.

Comme vous le savez, les professeurs de l’UQAM sont en grève depuis bientôt sept semaines. Pourquoi la grève? Nous sommes en grève pour que la direction de l’UQAM négocie de bonne foi le renouvellement de notre convention collective échue depuis mai 2007. Deux revendications se détachent: la nécessaire embauche de plusieurs centaines de professeurs et l’équité salariale avec les autres universités québécoises afin d’avoir la capacité d’attirer de nouveaux talents. Ces deux revendications concernent directement la capacité de l’UQAM de mener à bien sa mission et son développement à venir au sein de la communauté francophone de Montréal.

On le sait, le problème de fond est le sous-financement chronique de notre université. En effet, les règles de financement des universités québécoises défavorisent systématiquement une institution comme l’UQAM, une université publique, francophone, populaire, et laïque. Ce sous-financement, reconnu dans le Rapport du comité d’experts indépendants (rapport Gendreau), a notamment eu pour conséquence un déficit de près du tiers de son corps professoral, qui est actuellement d’environ mille professeur-e-s et maîtres de langue pour une population de plus de 40 000 étudiants. Nous croyons que dans une période de crise, c’est une sage décision que d’investir dans le savoir, par la création d’emploi en enseignement supérieur et en recherche.

Le désastre de l’îlot Voyageur, auquel il faut encore trouver une véritable solution puisque l’UQAM a toujours besoin d’espace et que le Centre-ville n’a pas besoin d’un immeuble déserté, n’est en fait qu’un des symptômes du problème de sous-financement chronique. La communauté universitaire ne devrait pas porter l’odieux des dépassements budgétaires des dernières années, d’autant plus que les professeurs et les étudiants se sont toujours opposés publiquement à ces projets qu’ils jugeaient inappropriés.

En dépit de ce désavantage structurel, l’UQAM depuis plus de 40 ans rayonne sur les plans de l’enseignement, de la recherche et du service aux collectivités. Elle a formé plus de 250 000 diplômés, et fait la preuve de son excellence à chaque année. Elle a contribué de manière originale et dynamique au développement social et économique de son milieu, et ses professeurs jouissent d’une reconnaissance internationale. Son avenir est menacé, et il faut réagir.

Nous réitérons notre demande de vous rencontrer en personne pour discuter de manière plus approfondie de la crise de l’UQAM et des solutions à y apporter. Pourquoi nous adresser à vous? Parce que le gouvernement est de facto impliqué directement dans la négociation par la présence de Monsieur Gilles Charland qui a été affecté à la négociation par le gouvernement. Parce que votre ministère est responsable du rayonnement international du Québec. Parce que vous êtes un membre actif du Comité ministériel de la prospérité économique et du développement durable. Parce que l’UQAM doit continuer à contribuer au développement économique, social et culturel de la métropole, et parce que vous pouvez avoir une influence sur la position que prendra le gouvernement du Québec dans les jours qui viennent. Vous êtes notre députée et nous sollicitons votre appui afin de débloquer les fonds nécessaires à la conclusion d’un règlement négocié  en faveur de notre institution et de sa mission qui sert l’ensemble de la société québécoise.

Julián Durazo Herrmann, professeur, Département de science politique
Pierre Bosset, professeur, Département de sciences juridiques
Alain-G. Gagnon, professeur, Département de science politique et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes
Monique Régimbald-Zeiber, professeure, Département d’arts visuels et médiatiques
Carolle Simard, professeure, Département de science politique
Mark-David Mandel, rofesseur, Département de science politique
Michèle Charpentier, professeure, École de travail social, directrice scientifique de l’Équipe VIES, Centre de recherche et d’expertise en gérontologie sociale
Ruth Murbach, professeure, Département des sciences juridiques
Diana Averill, professeure, Département de sciences biologiques
Louisette Émirkanian, professeure, Département de linguistique et de didactique des langues
Lorne Bouchard, professeur, Département d’informatique
Irène Krymko-Bleton, professeure, Département de psychologie
Bernard Schiele, professeur, École des médias

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