Lettre ouverte aux députés de l’Assemblée nationale ayant étudié ou travaillé à l’UQAM

Montréal, le 16 avril 2009

Mesdames, Messieurs,

Les professeurs en grève de l’UQAM sont sans contrat de travail depuis mai 2007 et demandent le règlement de leur convention collective. Avec un nombre insuffisant de professeurs pour ses 40 000 étudiants, le pire ratio de toutes les universités québécoises, les professeurs de l’UQAM revendiquent l’embauche de 300 nouveaux collègues pour mieux contribuer à la formation des étudiants aux trois cycles et pour accroître la recherche. Avec des salaires de 10 % inférieurs à la moyenne nationale (sans parler de l’écart avec la moyenne des universités montréalaises), les professeurs de l’UQAM, au même titre que leurs collègues des autres universités, s’acquittent de tâches exigeantes en enseignement, en recherche et en service aux collectivités. Les professeurs de l’UQAM ont fait le choix de cette institution pour embrasser sa mission de démocratisation et d’accessibilité, mais aussi pour contribuer à la gestion collégiale qui fait sa spécificité et qu’ils souhaitent défendre.

Or, la direction de l’UQAM, sous la tutelle implicite du Ministère de l’Éducation, n’a soumis à ce jour aucune offre complète en vue d’un règlement. Ce ministère fait la sourde oreille aux revendications du corps professoral et s’entête à maintenir les professeurs et les étudiants de l’UQAM dans les pires conditions de travail et d’études universitaires au Québec et à les pénaliser pour les dérives immobilières dont ils ne sont aucunement responsables. Le comble: il menace de recourir à une loi spéciale pour forcer le retour au travail. Imposer le silence à des professeurs d’université par le recours à une telle loi ne constituerait en aucune manière une prise de responsabilités vis-à-vis de l’éducation mais, au contraire, contreviendrait à la mission de l’université dont le Ministère se dit le garant.

Les infrastructures du savoir

La direction de l’UQAM et le MÉLS s’entendent pour dire que les demandes des professeurs sont raisonnables et justifiées mais qu’il n’y a plus d’argent dans les coffres de l’État. Soit. Pendant ce temps, on apprend que nos collègues des autres universités (à l’ÉNAP et à Concordia par exemple) viennent d’obtenir des augmentations salariales substantielles (autour de 14 %) creusant ainsi davantage l’écart salarial avec les professeurs de l’UQAM. L’heure est aux investissements : le gouvernement s’apprête à investir 300 M $ dans la rénovation du casino et 43 G $ dans de grands chantiers. Puisque l’investissement dans les infrastructures est prioritaire, il est tout aussi impératif de soutenir les infrastructures du savoir. Les universités créent de l’emploi et forment une force de travail qui sait s’adapter aux transformations que subit actuellement l’économie, participant ainsi pleinement au développement et à la prospérité de la société québécoise.

Bien au-delà de la question des salaires et des conditions de travail des professeurs, la grève à l’UQAM concerne plusieurs dizaines de milliers de personnes, fières de participer à la vitalité et au rayonnement de l’UQAM. Professeurs, étudiants, employés-étudiants, employés de soutien, chargés de cours et diplômés: toute la communauté uqamienne se mobilise pour exiger du gouvernement un réinvestissement massif à l’UQAM afin d’enrayer le sous-financement chronique dont elle souffre depuis de trop nombreuses années.

Députés de l’Assemblée nationale qui avez choisi l’Université du Québec à Montréal, nous vous demandons de démontrer votre allégeance en prenant position pour l’UQAM. Vous avez le pouvoir de défendre et d’appuyer à l’Assemblée nationale les revendications des professeurs de l’UQAM et d’exiger de régler, une fois pour toutes, son problème de sous-financement. Nous vous enjoignons de le faire, pour le présent et l’avenir de la société québécoise.

Yves Bergeron, Peggy Davis, Annie Gérin, Dominic Hardy, Connie Isenberg-Grzeda, Joanne Lalonde, Louis Martin, Vincent Lavoie, Thérèse St-Gelais, professeurs à l’UQAM.

cc.

M. Stéphane BERGERON, député de Verchères (Parti québécois), Vice-président de la Commission de l’économie et du travail, Porte-parole de l’opposition officielle en matière de transports;

M. Daniel BERNARD, Député  de Rouyn-Noranda-Témiscamingue (Parti libéral du Québec), Président de séance, Adjoint parlementaire au ministre des Ressources naturelles et de la Faune;

M. Pascal BÉRUBÉ, Député de Matane (Parti québécois), Porte-parole de l’opposition officielle en matière de loisir et de sport, Président de séance;

Mme Marguerite BLAIS, Députée de Saint-Henri-Sainte-Anne (Parti libéral du Québec), Ministre responsable des Aînés;

M. Camil BOUCHARD, Député de Vachon (Parti québécois), Vice-président de la Commission des affaires sociales, Porte-parole de l’opposition officielle en matière de relations avec les Premières Nations, Porte-parole de l’opposition officielle en matière d’immigration et de communautés culturelles;

M. Etienne-Alexis BOUCHER, Député de Johnson (Parti québécois);

M. Benoit CHARRETTE, Député de Deux-Montagnes (Parti québécois);

M. Claude COUSINEAU, Député de Bertrand (Parti québécois), Vice-président de la Commission des finances publiques, Porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires municipales;

M. Emmanuel DUBOURG, Député de Viau (Parti libéral du Québec), Adjoint parlementaire au ministre des Finances;

M. René GAUVREAU, Député de Groulx (Parti québécois), Porte-parole de l’opposition officielle en matière de protection de la jeunesse;

Mme Nicole LÉGER, Députée de Pointe-aux-Trembles (Parti québécois), Whip en chef de l’opposition officielle;

M. Martin LEMAY, Député de Sainte-Marie-Saint-Jacques (Parti québécois), Président du caucus de l’opposition officielle, Porte-parole de l’opposition officielle pour la Métropole;

M. Pierre MARSAN, Député de Robert-Baldwin (Parti libéral du Québec), Président de la Commission de l’éducation;

M. Scott McKAY, Député de L’Assomption (Parti québécois), Porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement durable et d’environnement;

Mme Carole POIRIER, Députée d’Hochelaga-Maisonneuve (Parti québécois), Porte-parole de l’opposition officielle en matière d’habitation, de logement social et de condition féminine;

M. Gilles ROBERT, Député de Prévost, (Parti québécois);

M. Tony TOMASSI, Député de LaFontaine (Parti libéral du Québec), Ministre de la Famille;

M. Mathieu TRAVERSY, Député de Terrebonne (Parti québécois).

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