Maîtres de langue: rapport d’étape des négociations

Les maîtres de langue disent : finis les prétextes!

Par Marie Ploquin, révisé par les Maîtres de langue représentants syndicaux Malika Ech-Chadli et Carey Nelson


Contexte et historique

 La convention collective des maîtres de langue (ci-après, MdL), déjà prolongée d’une année à la demande de la partie patronale, arrivait à échéance le 31 mai 2008. Un projet de convention collective était déposé par les MdL et le SPUQ en mai 2008. L’UQAM a reporté les rencontres jusqu’au mois de novembre sous des prétextes bien connus (dérive immobilière, départs successifs des membres de la partie patronale de la table de négociations, incertitude financière, etc.).

La situation

 Les six rencontres (seulement) depuis novembre 2008 n’ont pas porté fruit principalement parce que différentes stratégies ont été employées pour que les rencontres ne permettent pas de négociations dignes de ce nom; les stratégies incluent une discussion sur la fonction de maîtres de langue et une présentation, par la direction, des projections des états financiers de l’UQAM. Si cette présentation n’avait pas lieu d’être, elle a au moins révélé que l’UQAM est prête à soumettre son budget (qui vise le retour vers l’équilibre pour 2013-2014) au gouvernement — budget pour lequel 70% des dépenses sont inconnues, à savoir les quatre conventions collectives échues.    

Alors que les maîtres de langue ont fait comprendre leur mécontentement en parole et en actions, la partie patronale ne fait aucun effort pour faire avancer le dossier. Dernier prétexte invoqué: le rapport Aon pour les MdL n’est pas sorti.  Il s’avère aussi que, jusqu’à présent, la partie patronale n’a pas voulu travailler sur les clauses isolées mais seulement sur l’ensemble des clauses.

Dernière nouvelle (mercredi 25 mars 2009)

 La partie patronale a annulé la rencontre de mercredi sans préavis.  Nouveau prétexte: les membres sont occupés à négocier la convention collective des professeurs. Ceci est un comble lorsqu’on se rappelle que les MdL ont accepté une prolongation de leur convention d’un an justement pour éviter à la partie patronale de se retrouver à deux tables de négociation en même temps. Pour reprendre à la partie patronale ses propos réprobateurs, les maîtres de langue ne peuvent que sourire car en dépit du fait que l’assemblée des MdL a accepté cette prolongation, la partie patronale se trouve maintenant à quatre tables de négociation à cause de sa propre léthargie. Cela lui appartient.

Les revendications des MdL sont pourtant très raisonnables, d’autant plus que plusieurs d’entre elles ne coûteraient pas un sou à l’UQAM.

tableau-negosmdl

(* : La partie patronale a posé quelques questions probatoires mais n’a pas évoqué son point de vue; il ne s’agit donc pas d’une discussion.)

Certaines clauses telles que la propriété intellectuelle et les droits d’auteur n’ont jamais été discutées à notre table de négociations parce que la partie patronale souhaite les négocier à la table de négociation des professeurs pour les deux corps de métier.

Conclusion

Si l’université avait vraiment la volonté de faire avancer les négociations des MdeL tout en connaissant des problèmes financiers, ses représentants auraient pour mandat de débattre au moins sur les trois revendications qui ne représentent aucun coût pour la partie patronale. Clairement, comme pour les professeurs, les représentants de la direction au comité de négociation n’ont pas de véritable mandat si ce n’est de retarder les négociations autant que possible, quitte à provoquer une grève.

Finis les prétextes!

Laissez-nous négocier et retourner à nos activités respectives.

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Une Réponse

  1. […] La négociation collective des conditions de travail. Concrètement, la négociation débute avec le dépôt du projet syndical de convention collective auprès de la partie patronale. Généralement, le porte-parole syndical du comité de négociation présente les grands enjeux de la négociation collective en cours, passe en revue l’ensemble des articles du projet de convention collective et explique les demandes d’amélioration de ce contrat collectif de travail. Traditionnellement, les discussions se concentrent d’abord sur les clauses normatives (c’est-à-dire sur les clauses sans conséquences financières), puis sur les clauses monétaires (c’est-à-dire les clauses avec conséquences financières). Le comité de négociation reçoit les commentaires de la partie patronale. La négociation collective consiste en une interaction entre deux parties recherchant un terrain d’entente mutuellement acceptable, dans un contexte où les conceptions de départ de la solution idéale sont opposées ou très différentes. Pour les professeurEs, la grande majorité des clauses normatives a été passée en revue et a fait l’objet d’une entente de principe (c’est-à-dire  la reconnaissance par les deux parties de l’arrivée à un terrain d’entente; lequel devra ultérieurement être soumis pour vote à l’Assemblée générale des membres du syndicat accrédité). Il en va différemment pour les clauses monétaires dont la discussion a sans cesse été retardée par la partie patronale pour divers motifs (voir Flash-Négo 13 disponible sur https://spuqengreve.wordpress.com/ sous le titre «SPUQ: Petite histoire des négociations»). Pour les maîtres de langue, le processus a pris du retard — plus exactement a été ralenti par la partie patronale — (voir: https://spuqengreve.wordpress.com/2009/03/31/maitres-de-langue-rapport-detape-des-negociations/). […]

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