La tâche de professeur (I)

Les professeurs d’université assument une tâche complexe, comportant trois grandes composantes: l’enseignement, la recherche ou la création, le service à la collectivité.

L’enseignement. À l’UQAM, comme dans la plupart des universités québécoises, la tâche normale d’enseignement est de quatre cours de trois crédits par année universitaire (= 45 heures en classe par cours, sans évidemment compter les heures de préparation, d’évaluation des travaux, etc). À la différence des autres universités toutefois, ces dispositions sont plus facilement mesurables à l’UQAM puisqu’elles sont inscrites dans la convention collective des professeurs. Ceux-ci encadrent également des étudiants de maîtrise et de doctorat qui préparent des mémoires et des thèses, ainsi que des chercheurs postdoctoraux. Un tel encadrement s’étale souvent sur trois, quatre ou cinq ans, parfois plus. La tâche d’encadrement inclut en outre la formation de ces jeunes chercheurs aux diverses facettes du métier universitaire: processus de recherche et de création, communication savante, écriture ou production scientifique ou artistique, préparation de demandes de bourses, etc. Plusieurs supervisent aussi des stages de formation en milieu de travail – avec les nombreux déplacements et les longues heures de présence que cela comporte. La tâche d’enseignement inclut également les activités de développement de programmes, de préparation de nouveaux outils pédagogiques ou de nouvelles modalités de formation avant-gardistes.

La recherche ou la création. Au plan de la recherche (en sciences et en sciences humaines) et de la création (dans les disciplines artistiques), les professeurs doivent demeurer constamment à la fine pointe de leur discipline tout en étant incités à préparer des demandes de subventions lors de concours de plus en plus compétitifs, qui les obligent constamment à donner le meilleur d’eux-mêmes. L’obtention de subventions implique alors le développement d’activités de laboratoire ou de création, la formation des étudiants de cycles supérieurs, l’encadrement de professionnels de recherche, la gestion des activités de recherche, l’évaluation des travaux de recherche, etc. Ils doivent bien sûr publier les résultats de leurs travaux (scientifiques ou de création), participer à des rencontres scientifiques ou à des manifestations artistiques nationales et internationales avec d’autres spécialistes de leur discipline, rédiger et diffuser des articles, des rapports ou des textes de création, produire des œuvres scientifiques ou artistiques. On fait en outre fréquemment appel à leurs compétences à titre d’analystes et d’experts, dans différents comités d’organismes externes, ou encore dans les médias.

Le service à la collectivité. À l’externe, le  service à la collectivité permet aux professeurs de contribuer au rayonnement de l’Université. Cela se traduit notamment par la participation aux activités de différents organismes avec lesquels l’Université, comme institution de haut savoir, entretient des liens privilégiés : organismes publics et parapublics, organisations à vocation internationale, autres universités, etc.  En outre, et en raison de son caractère d’université publique, l’UQAM a toujours manifesté une volonté de contribuer à une démocratisation de l’accès au savoir pour les collectivités qui en ont traditionnellement été éloignées. Cette approche unique reconnaît les syndicats, les groupes de femmes et les groupes communautaires et populaires en tant que partenaires dans la détermination et l’élaboration des activités de services aux collectivités. Cette composante de leur tâche conduit ainsi nombre de professeurs à procurer des services à des organismes et à des groupes sociaux les plus divers. Cet ancrage dans le milieu permet aux universitaires de se sensibiliser aux besoins des personnes et des groupes, de collaborer avec eux à la résolution de problèmes de diverse nature, de coopérer à la mise en place de mécanismes et de structures qui favorisent l’autonomie des individus et la participation citoyenne. Qui plus est, ce contact avec les problématiques sociales, à travers le service à la collectivité externe, favorise l’émergence de projets de recherches au service de la société.

Le service à la collectivité comporte également, à l’interne, un volet très important. De fait, il concerne d’abord la collectivité universitaire au sein de laquelle les professeurs sont appelés à prendre en charge, à tour de rôle et de manière équitable, de nombreuses tâches de gestion académique. Si dans les universités plus traditionnelles, ces tâches sont assumées par des cadres, l’UQAM a, pour sa part, privilégié d’emblée une organisation fondée sur des principes de démocratie, de collégialité et de gestion participative. Ces tâches de gestion académiques incluent notamment les fonctions exercées par les directions de programmes d’études de 1er cycle, de programmes de cycles supérieurs, de départements, d’instituts et de centres de recherche et, plus récemment par les doyens et vice-doyens des facultés. Elles incluent également la participation active des professeurs aux nombreuses instances où s’exerce au quotidien une gestion académique démocratique et collégiale : comités de programmes, assemblées départementales, commission des études et sous-commissions universitaires, conseil d’administration, conseils académiques des facultés et autres instances facultaires, comités ad hoc et groupes de travail de ces diverses instances. À travers l’ensemble de ces tâches de service, la participation et la collégialité caractérisent l’organisation de la vie universitaire et permettent de consolider sa mission spécifique.

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