Lettre du comité de négociation au recteur

Montréal, le 24 mars 2009

 

Monsieur le Recteur,

Nous sommes heureux de constater que dans la lettre que vous avez adressée aux professeures et professeurs de l’UQAM, vous affirmez vouloir respecter le processus officiel de négociation collective. Mais une telle prétention doit se vérifier dans les faits : or, votre nouveau porte-parole officiel à la table de négociation n’a eu de cesse, ces derniers mois, de nous répéter qu’il n’avait aucun mandat pour négocier.

Vous reprochez au SPUQ d’avoir demandé l’intervention du gouvernement dans nos négociations, alors que vous-même affirmez depuis plusieurs mois déjà que ce sont précisément les exigences du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport qui vous empêchaient de faire au SPUQ des propositions pour le renouvellement de la convention collective. Nous nous permettons donc de vous rappeler le sens de la démarche du SPUQ : en l’absence d’avancées de la négociation, nous avons voulu intervenir auprès de la ministre pour lui demander de libérer l’UQAM des directives paralysantes qu’elle a imposées à son Conseil d’administration et d’enjoindre la direction à l’UQAM de déposer sans délai des offres complètes. Il n’était alors nullement question pour le SPUQ de négocier directement avec la ministre.

Des discussions exploratoires ont effectivement eu lieu et nous nous étonnons que vous ayez profité de celles-ci pour déposer une « offre finale » (que vous qualifiez maintenant de « transitoire »). Nous nous en étonnons d’autant plus que cette offre, manifestement, contredit sur de nombreux plans les convictions et les valeurs que depuis plus d’un an vous avez déclaré être les vôtres. Cette offre inacceptable a été présentée à l’ensemble du corps professoral qui, comme vous le savez, l’a rejetée à 90 %. Ce rejet massif manifeste la volonté du corps professoral de reprendre immédiatement, avec bonne foi et diligence, la négociation de nos conditions de travail avec des représentants dûment mandatés. Et c’est pourquoi nous déplorons grandement votre persistance à défendre un projet d’entente qui ne peut pas servir d’horizon aux négociations actuelles.

Il y a un peu moins d’un an, nous assistions à la conférence de presse que vous donniez à la suite du dépôt du rapport du Vérificateur général du Québec sur la dérive immobilière de l’UQAM. Ce rapport précisait que la communauté uqamienne n’était pas responsable de cette dérive immobilière et vous avez à ce moment affirmé que notre communauté n’avait pas à payer pour des erreurs qu’elle n’avait pas commises. Vous aviez alors utilisé l’exemple du dépassement des coûts de la prolongation du métro vers Laval et le fait que l’on ne pouvait pas faire payer les employés de la STM pour pareil dépassement.

Depuis, votre attitude nous laisse profondément inquiets pour l’avenir de notre établissement. Ce sentiment s’est encore accru quand vous avez accepté de signer avec le MELS une entente qui, en vous imposant de réaliser un équilibre financier, demandait à la communauté uqamienne de consentir à de lourds sacrifices en termes de conditions de travail et d’apprentissage.

Nous nous réjouissons certes d’avoir un recteur qui connaît l’ampleur de la tâche professorale et ses exigences et qui, comme nous, déplore « le soupçon tenace sur la tâche professorale à l’UQAM ». Cependant, nous comprenons mal la proposition de reporter encore une fois la négociation de la convention collective pour créer un comité paritaire SPUQ-UQAM pour démontrer que la tâche professorale à l’UQAM est comparable à celle des autres. Comme cela s’est produit pour l’ensemble des dimensions étudiées par la firme AON, nous connaissons déjà la conclusion à laquelle parviendrait ce comité : la tâche des professeures et professeurs de l’UQAM  est lourde et équivalente à celle de leurs collègues des autres universités. Inutile, donc, de perdre un temps précieux qui devrait être consacré à la discussion des articles toujours en suspens, dont en priorité le nombre de postes et les conditions salariales.

Nous vous enjoignons donc, Monsieur le Recteur, de donner sérieusement suite à vos bonnes intentions en vous portant véritablement à la défense de notre université face aux demandes du MELS. Pour cela, nous vous demandons de doter immédiatement d’un réel mandat vos représentants à la table de négociation en vue du dépôt d’une première réponse complète à notre projet de convention collective.

 

Le Comité de négociation du SPUQ,

Jean Bélanger, 1er vice-président du SPUQ, porte-parole

Normand Baillargeon, Éducation et pédagogie

Alain Brouillard, Conseiller syndical, FP-CSN

Laurence-Léa Fontaine, Sciences juridiques

Mario Houde, Sciences biologiques

Pierre Lebuis, Éducation et pédagogie

Louis Martin, Histoire de l’art

Guy Villeneuve, Sciences comptables

 

c. c. Les professeures et professeurs en grève de l’UQAM

Les représentants du Comité patronal de négociation

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