Et les maîtres de langue alors?

par Marie Ploquin, maître de langue (anglais)

Depuis le début de la grève, j’ai eu l’occasion de faire la connaissance de professeurs curieux d’en apprendre davantage sur les maîtres de langue.  Il est vrai que même si la grève est votée par, et pour, deux corps de travail, celle des professeurs est bien sûr plus médiatisée, disproportion de taille oblige.  Aussi je profite de l’occasion offerte par ce site de vous informer sommairement sur le statut et les conditions de travail des maîtres de langue (ci-après, MdL).

L’école compte 28 MdL répartis dans les langues suivantes: allemand (2), anglais (9), arabe (1), chinois (1), espagnol (4), français (11). Chaque MdL est embauché pour l’enseignement d’une seule langue — c’est pour ça qu’il n’y a pas de «s» à «langue» dans «maîtres de langue». Malgré notre petit nombre, nous offrons plus de 400 groupes-cours par année, répartis sur trois sessions.  Nous enseignons aux étudiants de nos programmes (à ce jour, certificats et programmes courts), à ceux des autres programmes de l’UQAM (en cours complémentaires ou obligatoires) ainsi qu’aux étudiants libres. En raison de la courte durée de la formation en langue, nos étudiants passent rarement plus qu’une année académique dans nos programmes. Ainsi, chaque année, la cohorte des quelque 14,000 étudiants/cours est renouvelée. Ce roulement taxe évidemment très fortement la gestion et les ressources des programmes et de l’école.

Les MdL doivent détenir une maîtrise en linguistique (ou dans une matière connexe). Plusieurs d’entre nous détenons également un doctorat, qui n’est cependant pas obligatoire.  

Nos tâches incluent l’enseignement (six cours par année), le développement pédagogique et le service à la communauté.  À ce chapitre, la différence notable entre les profs et les MdL réside en ce que ces derniers ne font pas de recherche; en fait, nous n’avons pas le droit d’en faire, ce qui est quand même un comble dans un contexte universitaire. Bien sûr, sans publication ni communication scientifique, les perspectives professionnelles des maîtres de langue sont vite asphyxiées. La possibilité (mais non l’obligation) de faire de la recherche est une de nos revendications pour la prochaine convention collective.

Le remboursement de nos frais de scolarité, le droit à la retraite anticipée, le congé sabbatique et la modulation de tâches sont également revendiqués.  Ces demandes me semblent bien modestes puisqu’elles sont acquises depuis longtemps par les autres corps de travail éligibles.

Ce qui étonne souvent est que nous n’ayons pas de revendications salariales.  La raison est que notre salaire est fixé à 68,24% de celui d’un professeur à qualifications et expérience équivalentes.  Ainsi donc un professeur qui opterait d’enseigner à l’école de langues renoncerait ipso facto à près d’un tiers de son salaire en devenant maître de langue.  Avis donc à ceux d’entre vous qu’un poste de MdL intéresserait! 

Un rapport d’étape des négociations pourra être affiché sur ce site peu après la prochaine rencontre de négociation, prévue ce mercredi. 

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